Caroline Rasser: Maman, comédienne, directrice de théâtre…

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Caroline Rasser a grandi dans une famille de comédiens et dirige avec son frère, Claude Rasser, le petit théâtre bâlois Fauteuil. Elle est comédienne, artiste de cabaret, femme d’affaires, organisatrice… et bien sûr aussi maman! Babymag.ch lui a demandé comment elle fait pour jouer autant de rôles en même temps.

Babymag.ch: Pouvez-vous nous raconter comment vous avez grandi?

Caroline Rasser: Dans un cadre idéal, à la campagne, avec mes parents, mes frères et les chats. 

Babymag.ch: Vous êtes entrée très jeune dans le monde du théâtre et êtes vite montée sur scène. Votre scolarité en a-t-elle souffert?

Caroline Rasser: Certes, j’ai grandi dans le théâtre et tout ce qui va avec, mais notre maison était loin du théâtre. Du coup nous n’avons jamais risqué de passer plus de temps au théâtre qu’à la maison. Il y avait toujours des artistes chez nous, mais pour moi c’était tout ce qu’il y a de plus normal, je n’y voyais rien d’exceptionnel. C’était simplement notre réalité, notre quotidien. J’ai aussi rapidement compris le travail exigeant qui se cache derrière le glamour du show-business.

À l’époque ce n’était pas tant le monde du théâtre qui me fascinait, mais plutôt «l’exotisme» des fermes, dans lesquelles mes copines vivaient.

Vers dix ans je suis montée pour la première fois sur scène, dans le conte «Le Vaillant Petit Tailleur». J’étais complètement camouflée, jouant les jambes arrière d’un animal. Nous devions faire une danse, c’était très excitant. Surtout quand ma classe est venue voir une représentation. 

Ce n’est que plus tard, en commençant l’école d’art dramatique, que j’ai renoué avec le théâtre.

Babymag.ch: Enfant, vous aviez aussi du temps libre (en dehors de l’école et du théâtre)?

Caroline Rasser: Beaucoup. En regardant en arrière, grandir dans les années 70 me semble avoir été bien plus libre et moins planifié qu’aujourd’hui.

Babymag.ch: Vous étiez jeune à l’arrivée de votre fille. Comment avez-vous réussi à combiner, jeune maman, votre carrière et votre maternité? Avez-vous eu du soutien?

Caroline Rasser: J’avais vingt-quatre ans lorsque ma fille est née. Encore assez jeune pour que quelques nuits blanches et un changement de quotidien ne soient pas insurmontables. J’ai pris la chose de façon très relax. Déjà la grossesse. Aujourd’hui, vingt ans plus tard, je me ferais bien plus de soucis. Autrefois tout coulait simplement de source. Et c’était très beau.

Mais il est clair que je n’ai pas beaucoup dormi les premières années. Souvent on tournait pour la télévision jusque tard dans la nuit. Et dès six heures du matin la journée reprenait à la maison. C’est pendant la sieste de ma fille que j’apprenais mes textes, et le ménage, je le faisais à des heures improbables. ça a été des années intenses, mais pour rien au monde je ne les aurais manquées. C’est là que j’ai développé mes talents de flexibilité et d’organisation.

C’est dans le cercle familial que j’ai reçu de l’aide, surtout de ma belle-mère. Elle était toujours disponible pour s’occuper de notre fille si besoin. Sans elle, on ne s’en serait pas sorti. Je lui suis très, très reconnaissante.

Babymag.ch: Travailler dans l’entreprise familiale, ça vous a simplifié la vie?

Caroline Rasser: Pendant les premières années de ma fille j’avais des contrats annuels avec la télévision suisse alémanique. Puis j’ai arrêté d’y travailler quand ma fille a commencé l’école. Ces deux réalités n’étaient plus compatibles.

J’étais en parallèle au théâtre. Pouvoir organiser certaines de mes activités selon mon emploi du temps m’était d’un grand avantage. Mais reporter une représentation, ça n’a jamais été possible… (rires)

Babymag.ch: Comment avez-vous éduqué votre fille? Etiez-vous sévère?

Caroline Rasser: Nous sommes une famille très joyeuse, très ouverte. Mais il y a toujours eu des règles et surtout des valeurs qui me sont chères et au sujet desquelles je suis inflexible. Je pense que dans cette mesure mon éducation a été très droite.

Babymag.ch: Auriez-vous souhaité que Manon suive vos pas? Que fait-elle aujourd’hui?

Caroline Rasser: Manon est à l’université de Zurich où elle étudie l’économie. Je suis heureuse et aussi fière qu’elle trace son propre chemin, et je trouve extra ce qu’elle fait, indépendamment de savoir si elle fera un jour du théâtre ou non.

Babymag.ch: Quelles sont vos tâches en tant que directrice de théâtre? À quoi ressemble votre quotidien?

Caroline Rasser: Le matin, c’est administratif: contrats, plannings, etc. L’après-midi ce sont les séances de production, répétitions, l’organisation de manifestations et événements. Le soir, il y a les représentations. Je joue moi-même dans environs soixante représentations par saison. Mais dans la réalité, chaque jour est différent. Et l’imprévu prend toujours beaucoup de place dans cet univers.

Babymag.ch: Selon vous, qu’en est-il de la conciliation vie de famille et vie active pour les comédiennes et comédiens?

Caroline Rasser: Elle est difficile. La plupart des femmes prennent leur retraite plus tôt ou font une pause lorsqu’elles fondent une famille. Et le retour sur les planches est dur. On ne peut pas dire que la situation soit bonne.

Babymag.ch: Quelles sont les productions à l’affiche de votre saison qu’enfants et parents ne doivent absolument pas manquer?

Caroline Rasser: «Le Vaillant Petit Tailleur» plaira à toute la famille.

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