Maladies infantiles: piqûre de rappel

Maladies infantiles: piqûre de rappel

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Fatigue, fièvre, toux… Les affections des petits commencent souvent comme un refroidissement ordinaire. A ces symptômes peut s’ajouter une éruption cutanée. Dans ce cas, votre enfant a sans doute attrapé une maladie dite «infantile». Une visite chez le médecin s'impose, car il est parfois difficile de distinguer une maladie d'une autre et de savoir quel traitement existe. 

Des maladies diverses

Une maladie infantile, au fond, qu’est-ce que c’est? «Il s’agit d’une maladie infectieuse très contagieuse et répandue dont l’une des caractéristiques est d’immuniser durablement celui ou celle qui l’a contractée contre une nouvelle contamination, explique le Professeur Christophe Berger de l'hôpital des enfants de Zurich. Elle touche donc principalement les enfants. Il se peut néanmoins qu'un adulte contracte une maladie infantile s’il ne l’a pas eue durant son enfance et contre laquelle il n'a pas d’anticorps.» 

Les déclencheurs de ces affections sont des virus ou des bactéries. La rougeole, la varicelle et la roséole sont des maladies infantiles d’origine virale. La coqueluche et la scarlatine sont, quant à elles, provoquées par des bactéries. «Les maladies comme la rougeole s'accompagnent souvent d’une forte sensation de malaise général, poursuit le médecin. En outre, même si on les guérit la plupart du temps, certaines de ces maladies peuvent s'aggraver et entraîner des complications ou des séquelles.» A ne pas négliger donc.

Entourage sous surveillance

En raison de leur potentiel de contagion élevé, certaines maladies infantiles représentent également une menace pour les proches. C'est valable aussi pour les affections plutôt bénignes comme la rubéole, qui entraîne rarement des complications chez les enfants et les adultes, mais constitue un danger pour les foetus. En effet, lorsqu'une femme enceinte attrape ce virus, l'enfant à venir risque d'être atteint de malformations cardiaques, de surdité et de malvoyance pouvant aller jusqu'à la cécité. Autre exemple: la varicelle. Anodine chez les petits, elle met les adultes à plus rude épreuve et nécessite parfois une hospitalisation. Par conséquent, il est conseillé aux personnes ne l'ayant pas subie dans leurs jeunes années de se faire vacciner.

Remèdes ad hoc

Si les maladies infantiles ne font plus vraiment peur, c’est qu'il existe aujourd'hui des méthodes pour les prévenir et les traiter. Certaines d’entre elles (par exemple la poliomyélite) ont été éradiquées d'Europe grâce à la vaccination, laquelle permet également de se prémunir et de protéger les enfants et l’entourage contre d'autres maladies et leurs séquelles. En Suisse, la Commission fédérale pour les vaccinations (CFV) joue un rôle de médiateur entre les autorités, les milieux spécialisés et la population. Elle conseille scientifiquement les autorités et élabore des recommandations en matière de vaccination. On trouve d’ailleurs la dernière version du plan de vaccination sur www.bag.admin.ch, le site de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Toutefois, il n'existe pas de vaccin contre toutes les affections. C'est le cas, par exemple, de la scarlatine, déclenchée par des streptocoques A, que l'on peut contracter plusieurs fois dans sa vie et et susceptible d'entraîner des complications. Il est alors important de traiter les petits avec des antibiotiques: «Dès qu’un enfant atteint de la scarlatine commence un traitement à base d'antibiotiques, il n'est plus contagieux après 24 heures», explique le Professeur Berger.

La peur du vaccin

Alors que les vaccins ont évité à de nombreux enfants des maladies pénibles, certains parents s’avouent réticents face à l'aiguille. La faute à la mauvaise presse de certains traitements… En effet, le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons a fait parler de lui il y a une quinzaine d'années, lorsque l’opinion s’est répandue qu’il jouait un rôle dans l'apparition de l'autisme. Et même si cela s'est révélé faux, nombre de parents demeurent inquiets. Le docteur Berger les rassure: «Ce vaccin est très bien toléré et offre, après un rappel, une excellente protection. Au cours de ces dernières années, on a prouvé, scientifiquement et de manière définitive, que l'affirmation consistant à établir un lien entre le vaccin contre la rougeole et l'autisme était un mensonge. » Alors, comme souvent, mieux vaut prévenir que guérir.

Vacciner ou ne pas vacciner, telle est la question

Tim et Simone Wyss, couple zurichois, ne se sont jamais particulièrement intéressés à la question de la vaccination. Mais cela a changé au moment de la naissance de leur fils Liam. «Plus la date du premier vaccin approchait, plus nous étions nerveux, raconte Simone. Est-ce vraiment nécessaire? Et si Liam ne supportait pas le vaccin?» Rares sont les jeunes parents qui ne se posent pas ces questions. Le couple a alors décidé de prendre rendez-vous avec la pédiatre pour en parler. «Très calmement, elle nous a expliqué ce qui allait être fait, à quoi servaient les vaccins administrés et à quels effets secondaires nous devions nous attendre, évoque Tim. Comme Liam devait aller à la crèche à partir de 5 mois, nous avons décidé de suivre le plan de vaccination de la CFV». «Et, au moment fatidique, notre fils n'a même pas pleuré, se rappelle Simone, encore étonnée. Nous n'avons même pas eu à lui donner les fébrifuges que l'on nous avait prescrits. Sa peau a seulement un peu durci à l'endroit où il avait été piqué, mais cela a disparu après quelques jours.»

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