Chronique d’une colique

Chronique d’une colique

Le matin, votre tout-petit se porte comme un charme. Jusqu’au moment – généralement l’après-midi ou en soirée, où l’adorable poupon se mue en bébé hurleur, gigoteur et inconsolable. Pourtant, il a été changé, a mangé… Pour le calmer, vous le remettez au sein ou lui donnez un biberon. Voulant bien faire, vous commettez une erreur, car ce surplus alimentaire ne fera qu’ajouter au problème si votre nourrisson souffre de coliques. « Plus il y a de symptômes de coliques, plus il est nécessaire de réguler les espaces entre les tétées » explique le Dr. François Clément, médecin-pédiatre à Ecublens.

Justement, quels sont les symptômes caractéristiques des coliques ?

D’une part, les pleurs récurrents qui ont lieu fréquemment dans la deuxième partie de la journée alors que le lendemain, plus rien n’y paraît. Ce qui est rassurant tout comme le bon état général du bébé. D’autre part, il suffit d’observer un petit en proie aux coliques : il se recroqueville, semble avoir des crampes, a le ventre ballonné et émet beaucoup de gaz.

Quelles sont les causes possibles des coliques ?

C’est un véritable mystère. A l’heure actuelle, on n’a pas d’explication physiopathologique des coliques qui peuvent débuter dès la deuxième semaine de vie et disparaître aussi énigmatiquement au bout de trois mois sans laisser de séquelles. Il y a eu de nombreuses études sur le sujet, mais sans résultat probant. Il se peut qu’une colonisation bactérienne joue un rôle. Mais c’est une hypothèse parmi tant d’autres, notamment celle incriminant le lait (qui doit être éliminé).

Pour certains spécialistes, les coliques seraient la manifestation différée d’une souffrance maternelle au cours de la grossesse…

Non, il est vraiment exagéré d’avancer ce type d’hypothèse. Par-contre, il y a une manière de gérer les pleurs de l’enfant qui peut induire l’effet miroir : plus le bébé pleure, plus les parents stressent et plus le bébé pleure en ressentant ce stress. D’où une spirale relationnelle.

Prescrivez-vous des médicaments en cas de coliques ?

Généralement pas, excepté si l’enfant a beaucoup de gaz. Avant tout, on commence par expliquer ce syndrome aux parents et les rassurer. On leur recommande d’être vigilants quant au rythme alimentaire afin d’éviter le piège de la suralimentation, de respecter des pauses durant les repas et de faire roter le bébé pour qu’il n’avale pas trop d’air. Si le petit est alimenté par biberon, on conseille de choisir un modèle en forme de coude et de veiller à la taille de la tétine.

Enfin, l’observation de l’enfant au cours du repas permet de voir s’il boit trop vite, au point presque de s’étouffer, ce qui peut augmenter le risque d’avaler de l’air.

Quand faut-il consulter ?

Lorsque l’état général de l’enfant change, qu’il souffre de diarrhées, de malaises, de régurgitations à distance des repas, une consultation s’impose, car il ne s’agit probablement plus de coliques.

Comment soulager un toutpetit aux prises avec des coliques ?

Pour calmer un bébé, on peut le prendre dans les bras, le porter dans un sac ventral, lui masser le ventre, lui faire écouter de la musique douce, le promener en poussette ou en voiture, poser une bouillotte tiède sur le ventre (sans contact direct avec la peau), lui donner un bain, ajouter du thé de fenouil au biberon à titre d’essai.

Mentionnons le site utile créé par l’Hôpital Universitaire de Genève qui présente des maladies fréquentes par des fiches pratiqueset bien vulgarisées :

http ://dea.hugge.ch/infos_patients.htlml

www.bebe-arrive.com

Du côté de l’ostéopathie

Le travail d’un ostéopathe consiste à corriger les structures articulaires, crâniennes, viscérales… des patients ayant leur mobilité perturbée, et de redynamiser ainsi leurs fonctions. Pour les nourrissons souffrant de coliques, on retrouve fréquemment des blocages de mobilité dans différentes parties du corps, bien souvent liés au vécu « sportif» de leur naissance. Il faut relever que le système digestif du bébé est encore très sensible et se mature tout au long des trois premiers mois de sa vie. Dans la plupart des cas, on observe dès la deuxième séance des améliorations significatives, leur fonction digestive ayant pu bénéficier de toute la mobilité retrouvée (libération du diaphragme, de la colonne vertébrale, de la base crânienne…). L’ostéopathe est également attentif aux anomalies de l’hygiène alimentaire et peut être amené à conseiller certaines corrections. En effet, l’alimentation d’une maman qui allaite peut avoir des répercutions sur la digestion du bébé. De même, un lait de substitution peut être mal toléré par le nourrisson et il vaut alors la peine de prendre le temps de chercher celui qui pourra lui convenir. Il peut être utile de proposer une tisane à base de fenouil, de cumin et d’anis, à donner juste avant la tétée ou le biberon (l’équivalent d’une cuiller à thé).

Photo: © ksi - Fotolia.com

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