Bientôt propre

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Vous avez beau être impatient à l’idée de lui faire porter de jolies culottes estampillées Hello Kitty ou des slips à l’effigie de Cars, vous devez prendre votre mal en patience. L’acquisition de la propreté ne se fait pas au même âge pour tout le monde, même au sein d’une même fratrie. L’important est de le laisser aller à son rythme et d’être bienveillant. Si vous comptez y arriver en le pressant un peu, gare aux retombées plus tard, avec des épisodes de constipation et/ou d’énurésie.  Une question de muscle…  C’est en général entre 24 et 36 mois que les tout-petits débutent l’apprentissage de la propreté. Tout cela est bien beau, mais concrètement, comment savoir s’il est temps pour lui de passer à l’action? La Doctoresse Alexandra Wilhelm-Bals, cheffe de clinique de l’université romande de néphrologie pédiatrique à l’Hôpital des Enfants à Genève, nous répond: «L’acquisition de la propreté est dépendante de la maturation du système nerveux central qui se fait dans les premières années de vie». Dans la pratique, cela se traduit par une bonne acquisition de la marche ainsi que de la montée et de la descente des escaliers sans aide. Si ces conditions sont réunies, profitez donc de la saison chaude pour débuter la mise en place de ce délicat apprentissage. Commencez par aller aux toilettes en laissant la porte entrouverte afin qu’il puisse voir ce qu’il s’y passe. Ne le réprimandez pas s’il vous suit, il apprendra bien assez tôt que cet endroit réclame de l’intimité.  

Etape par étape

La Doctoresse Wilhelm-Bals l’évoque avec nous : «D’après notre expérience, la mise au pot trop précoce n’est pas idéale et on observe que, dans la majorité des cas, l’acquisition de la propreté ne se fait pas plus vite. Il y a également le risque, à stimuler trop tôt les sphincters, que l’enfant développe par la suite des troubles mictionnels de type vessie rétentionniste ou vessie hyperactive». Emmenez-le choisir un pot – que vous déposerez toujours au même endroit – ou un rehausseur. Expliquez- lui à quoi ils servent, sans trop en faire. S’il sent que cela vire à l’obsession pour vous, il risque de s’en servir comme moyen de pression. La spécialiste recommande de lui proposer le pot 2 à 4 fois par jour à partir de 2, 3 ans afin de l’aider à s’y familiariser. De même, ne transformez pas cela en rituel contraignant, le lui présentant à intervalles réguliers très courts. Evitez le chantage affectif tentant: «Si tu fais pipi dans le pot, on sera très heureux». Il ne faut pas qu’il associe la propreté à un plaisir qu’il vous fait (ne vous fait pas). Profitez de la saison chaude pour l’habiller légèrement avec des vêtements sans fermetures éclairs et autres boutons sophistiqués. Les accidents sont beaucoup moins pénibles à rattraper l’été: un coup de serpillère, une minidouche et quelques vêtements à glisser dans la machine à laver.

Passez à la vitesse supérieure

Accompagnez ses premiers pas vers l’autonomie sphinctérienne par le port de couche en forme de culotte qu’il peut facilement enlever et remettre – pourquoi pas – des culottes en tissu. Demandez- lui de temps à autre s’il n’a pas envie de faire pipi. Ne le laissez pas mariner dans une culotte souillée, d’une part parce qu’il peut se sentir humilié et aussi parce qu’il pourrait s’y habituer. S’il va sur le pot toutes les 5 minutes de peur de se faire dessus, c’est qu’il n’a pas encore une maîtrise absolue des sensations. Il est évident que votre humeur doit rester toujours égale. Ne lui criez jamais dessus s’il a lâché le contenu de sa vessie avant d’arriver sur le pot et à l’inverse ne manifestez pas de joie disproportionnée. La phase d’apprentissage est en dents de scie: il peut demander le pot 6 fois puis se laisser aller le reste de la journée. A cet âge-là, un rien peut le distraire, ne contrariez donc pas son rythme. C’est aux alentours de 3 ans que la propreté, diurne mais aussi nocturne, commence à être intégrée, ponctuée d’accidents jusqu’à 6 ans, sans que l’on évoque l’énurésie à proprement parler.   

Source: Troubles mictionnels de l’enfant - Groupes suisses de travail de néphrologie pédiatrique - A. Wilhelm-Bals, J. Birraux, E. Girardin, Genève.

L’HNI

Connu en anglais sous le nom de EC (ou Elimination Communication), l’Hygiène Naturelle Infantile est arrivée en Europe via les Etats-Unis. Elle puise son origine dans certains pays des continents africain, asiatique et sud-américain. Les parents adeptes de cette pratique préconisent de ne pas entraver les besoins d’élimination du bébé par le port de couches. Ils proposent de repérer les moments où le petit a envie d’uriner ou d’observer son attitude qui est alors modifiée. En grandissant, le port de pantalons fendus permet d’éviter les couches. Il s’agit plus d’une méthode d’écoute active et de maternage car il n’y a pas de relation prouvée entre cette pratique et l’acquisition précoce de la propreté.  

Il était propre mais… il ne l’est plus!

Votre enfant régresse? Pas de panique, au moment de l’apprentissage du contrôle du sphincter anal, les petits associent les selles à quelque chose qui leur appartient. Ils sont terrorisés à l’idée de voir le contenu de leurs intestins disparaître dans le tourbillon de la chasse d’eau. Cela peut aussi générer des problèmes de constipation car ils se retiennent. Rassurez-les en leur expliquant avec des mots de leur vocabulaire ou avec des actions simples telles que jeter le contenu du pot dans les toilettes et le laisser tirer la chasse, poser une couche dans le fond du pot, voire lui proposer de remettre la couche juste pour les selles. Ne vous inquiétez pas: à 4 ans, quasiment tous les enfants sont propres de jour comme de nuit.  

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