Asthmatique ? Pas de panique…

Asthmatique ? Pas de panique…

Depuis tout petit, Elio est, comme dit Laetitia, sa maman, abonné aux bronchites. Dès l’âge de trois ans, il s’est mis à tousser durant la nuit. « Malgré un sommeil chahuté, mon fils se réveillait plein d’entrain. J’ai évoqué cette toux sèche au pédiatre qui a prescrit un médicament et je ne me suis pas autrement inquiétée, raconte Laetitia. Jusqu’à cette fameuse nuit où on s’est levé d’un bond en entendant notre fils hoqueter méchamment entre deux respirations sifflantes. On l’a trouvé assis dans son lit, couvert de sueur et tentant vainement de reprendre son souffle. Sans perdre une seconde, on l’a emmené aux urgences. Une fois l’état d’Elio sous contrôle, on nous a appris qu’il avait eu, semble-t-il, une crise d’asthme. Diagnostic qui a été confirmé par la suite. Depuis qu’il est sous traitement, Elio ne fait plus de crise. »

L’asthme, c’est…

Tiré du mot grec « asthma » signifiant « respiration difficile », l’asthme est de mieux en mieux connu et soigné. La médication est aujourd’hui bien rôdée et il est exceptionnel qu’un enfant bien traité soit sujet à une crise grave. L’asthme survient surtout chez des enfants allergiques, c’est-à-dire sensibles à certaines substances – les allergènes – auxquelles ils vont réagir anormalement. Ces allergènes s’introduisent dans l’organisme le plus souvent par voie respiratoire. Les plus communs de ces allergènes sont les poils de chien ou de chat, les plumes, la poussière de maison (acariens), les pollens. D’où la difficulté de déterminer avec certitude quel est le responsable de l’asthme, surtout lors de la première crise. Schématiquement, le mécanisme d’une crise d’asthme se déroule ainsi : une fois l’allergène introduit dans l’organisme, des cellules spéciales – les mastocytes – réagissent en libérant des substances comme l’histamine et la sérotonine. Celles-ci vont réduire le calibre des bronches, provoquant dans la foulée un oedème (gonflement de la muqueuse bronchique), une hypersécrétion (augmentation des sécrétions de la muqueuse) et un bronchospasme (contraction des muscles bronchiques).

Des cours destinés aux petits asthmatiques

Fondée il y a dix ans, l’Ecole de l’Asthme* de l’hôpital de l’Enfance à Lausanne a été la pionnière dans ce domaine en Suisse. Elle accueille parents et enfants asthmatiques (dès l’âge de 3 ans jusqu’à l’adolescence) ainsi que leurs frères et soeurs. Au programme annuel, six sessions de deux après-midi (trois entre janvier et mai, trois entre septembre et décembre), durant lesquelles les parents suivent, de leur côté, une partie théorique enseignée par un médecin à qui ils peuvent poser leurs questions tout en partageant leurs expériences avec d’autres familles. Parallèlement, les enfants participent à des activités ludiques axées autour de leur maladie et animées par des infirmières et des éducateurs. U tiles et gratuites, ces séances permettent aux parents comme aux enfants d’acquérir une meilleure compréhension de la maladie, de mieux gérer les crises, d’adhérer au traitement prescrit, de maîtriser la technique d’inhalation et de réduire angoisses et peurs. D’autres Ecoles de l’Asthme sont en train d’éclore, notamment dans les hôpitaux d’Aigle et de Sion. En Suisse romande comme en Suisse allémanique, la Ligue Pulmonaire Suisse** organise, canton par canton, des cours et des activités destinés aux enfants asthmatiques et à leurs parents. De même, elle a édité une brochure sur l’asthme, une bande dessinée intitulée « Love is in the air » et propose de plus un jeu en ligne**.

* Ecole de l’Asthme à Lausanne, Tél. 021 314 93 57

** www.lung.ch sur lequel figurent toutes les informations concernant ces cours donnés par les ligues cantonales.

Des jeunes asthmatiques, le Dr michaël Hofer, médecin-pédiatre et responsable de l’Unité d’allergologie, d’immunologie et de rhumatologie pédiatrique au CHUV à Lausanne, en rencontre fréquemment. Et pour cause, entre 10 et 15 % de la population pédiatrique souffre d’asthme dans notre pays.

A partir de quel âge un enfant est-il considéré comme asthmatique ?

Les tout-petits peuvent souffrir de problèmes respiratoires dont les symptômes sont semblables à ceux de l’asthme mais qui sont liés à des infections des voies respiratoires supérieures et non provoqués par des allergènes. Raison pour laquelle, on préfère ne pas poser l’étiquette de l’asthme trop tôt.

Est-il vrai que l’on peut faire une seule crise d’asthme dans sa vie ?

Oui et à n’importe quel âge. Mais cela ne représente, malheureusement, qu’une petite minorité.

L’asthme peut-il disparaître au cours de la puberté ?

S’il est vrai que les changements hormonaux peuvent avoir des répercussions positives sur l’asthme, il ne faut pas en faire, pour autant, une généralité. Cela dit, l’asthme peut disparaître avec le temps.

Un enfant qui vient de faire une crise d’asthme sans recevoir un traitement efficace court-il le risque de refaire une crise dans les heures ou les jours qui suivent ?

Oui, il est donc important que, lors de la première crise d’asthme, l’enfant soit vu par son médecin traitant ou un médecin urgentiste.

Il semblerait que certaines crises se résument à une simple gêne ?

Oui, l’enfant peut tousser et souffrir d’une légère gêne respiratoire. Tous les cas de fi gures sont possibles lors d’une crise d’asthme. Disons que les crises d’asthme sévères sont rares si l’enfant est suivi médicalement.

Quel est le comportement parental adéquat lorsque l’enfant fait une crise d’asthme ?

Si aucun médecin n’a prescrit de traitement, l’enfant doit être emmené aux urgences. Parallèlement, les parents doivent garder leur calme dans la mesure du possible afi n de rassurer l’enfant et de l’aider à contrôler un peu sa respiration.

Un enfant encourt-il plus de risques à devenir asthmatique si ses parents le sont ?

L’origine en partie génétique de l’asthme ne fait pas de doute de même qu’il existe une hérédité pour l’allergie. Cela dit, ce n’est pas parce qu’on n’a pas de parents asthmatiques qu’on ne le sera pas.

Une fois le diagnostic posé, quelle est l’étape suivante ?

Tout dépend de l’importance de la crise. S’il s’agit d’une petite crise, on attendra d’autres épisodes. Si tous les symptômes apparaissent clairement (toux, gêne respiratoire, etc.), on va poser le diagnostic plus rapidement et, dès lors, rechercher la ou les cause(s).

Cela signifie-t-il qu’un traitement médicamenteux est prescrit bien avant la mise en route d’une enquête allergologique poussée incluant examens et batteries de tests ?

Les deux choses ne sont pas mutuellement exclusives. On prescrira un traitement médicamenteux pour maîtriser la crise et l’infl ammation des bronches et, parallèlement, pour éviter les récidives, on mènera l’enquête afi n de comprendre la cause de ces crises de manière à pouvoir lutter contre l’allergène en question. Mais tout dépend de l’âge de l’enfant et de la fréquence des crises.

Quels sont les résultats d’une désensibilisation ?

La désensibilisation est le seul traitement causal qui va diminuer les réactions à un allergène. Ce traitement est intéressant pour les allergènes qu’on ne peut pas éviter (pollens par ex.) Mais il s’agit d’un traitement assez astreignant. Il n’empêche que, plus tôt il est entrepris, mieux c’est. L’effi cacité d’un tel traitement est liée au nombre d’allergènes. S’il n’y en a qu’un, le résultat est excellent. C’est un très bon traitement lorsque la cause à traiter est bien ciblée, mais il n’est pas dépourvu de risques, des réactions sont possibles.

Quels sont à l’heure actuelle les traitements les plus efficaces contre l’asthme ?

L’asthme étant une infl ammation des bronches sur laquelle se surajoute un spasme de la musculature des bronches, des broncho-dilatateurs vont aider les bronches durant la crise aigüe et des dérivés de cortisone vont traiter l’infl ammation des bronches. Ces deux types de médicaments se prennent par inhalation, sont bien tolérés et ont peu d’effets secondaires. Il existe également un autre médicament – les anti-leucotriènes – qui est utilisé en complément, sous forme de comprimés, produisant un effet anti-infl ammatoire sur les bronches.

Les parents d’un petit asthmatique doivent-ils faire appel au médecin-pédiatre ou à un spécialiste ?

Il est important qu’il y ait une prise en charge conjointe entre le pédiatre qui se chargera de la base du traitement et, si nécessaire, un pédiatre spécialisé en pneumologie ou en allergologie.

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