Rendez-vous chez le doc !

Rendez-vous chez le doc !

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La crainte de la blouse blanche commence à se manifester entre l’âge de 6 mois et 1 an, ce qui correspond à l’angoisse de la séparation. A ce moment, le petit prend conscience qu’il est une personne distincte de sa mère et devient plus craintif face aux inconnus. La doctoresse Mélina Citraro Meyer, pédiatre à Genève, différencie l’enfant de 1 an et celui de 2 à 3 ans. «A 1 an, le bébé reconnaît les lieux, affirme-telle. Il se souvient donc souvent de sa dernière visite, synonyme de douleur. Dans 90% des cas, la piqûre du vaccin lui a laissé un souvenir désagréable et il n’est pas rassuré. A partir de 2-3 ans c’est différent, l’enfant parle et on peut lui expliquer le but de sa visite.»

Aie confiance…

Madame Citraro Meyer débute généralement la consultation en s’adressant aux parents. Elle établit alors un lien de confiance indispensable qui se répercutera sur le comportement des mini-patients. «L’état d’esprit des parents est déterminant: si l’adulte est angoissé, l’enfant ne sera pas tranquille», affirme-t-elle. Il arrive parfois, lorsque le contact est difficile, que la doctoresse examine d’abord la maman ou le papa, voire le doudou, en expliquant ses gestes. Le tout-petit, constatant que la personne auscultée ne pleure pas, par imitation, se laissera faire. En outre, l’enfant peut avoir peur des locaux mais aussi du matériel utilisé. Une seringue pour le vaccin, un stéthoscope pour écouter le coeur, un otoscope pour regarder à l’intérieur des oreilles ou encore un abaisselangue – autant d’objets étranges qui peuvent être déstabilisants pour un bout de chou. «Je prends la peine de détailler chaque geste, continue la pédiatre. Pour les vaccins, j’utilise l’image de la petite abeille qui va le piquer puis s’en aller. Si l’enfant a bien collaboré, je lui donne un petit jouet. Cette récompense, c’est une manière de rendre l’expérience positive.»

Un coup d’avance

Sur Internet, nombre de forums témoignent de la difficulté pour certains parents d’emmener leur progéniture chez le doc. Dans quelques cas, la peur pourrait même provoquer des vomissements. Pour y faire face, Madame Citraro Meyer anticipe toujours le prochain rendez-vous. Elle explique au patient en culottes courtes ce qu’elle devra faire la fois suivante, de façon à dédramatiser l’acte et à le préparer psychologiquement. De leur côté, les parents peuvent aussi lutter contre ces craintes en se procurant des ouvrages pour enfant sur le sujet. Dans la série «Félix + Boubou», le livre «Un vaccin pour Joëlle» écrit par un médecin connaissant bien cette problématique détaille tout ce qui se passe lors d’une visite. Dans un registre plus original, «Canaille va chez le docteur», retrace les aventures d’un attachant petit poney aux sabots rouges. Arrivé le moment du vaccin, Canaille devra se montrer bien courageux face à l’aiguille. Un bel exemple à suivre pour votre chère tête blonde.

Pique-mi, pique-moi

La liste des vaccins recommandés pour un enfant est établie par la Commission fédérale pour les vaccinations. Le plan de vaccination suisse prévoit ainsi l’administration, à 2 mois déjà, des vaccins dits de base contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche. Viennent s’ajouter ceux contre la poliomyélite et la méningite, et celui complémentaire contre le pneumocoque. A 12 mois, intervient le cocktail rougeole, oreillons et rubéole, et entre 12 et 15 mois, le vaccin contre le méningocoque C. Des rappels doivent être régulièrement administrés tout au long de la petite enfance, et ce, jusqu’à 24 mois, avant de s’espacer jusqu’à l’adolescence. Selon la doctoresse Citraro Meyer, ces piqures ne sont en principe pas douloureuses, sauf peut-être celles concernant la méningite et la pneumonie. Il faut également noter que rares sont les réactions. «Parfois, vers l’âge de 18 mois, il arrive que l’enfant réagisse fortement au vaccin contre le tétanos, explique la spécialiste. Mais, la plupart du temps, on ne constate qu’une simple fièvre et une petite induration à l’endroit piqué.» Un médicament contre la douleur est d’ailleurs systématiquement prescrit après l’administration d’un vaccin. En guise de conclusion, rappelons que Mélina Citraro Meyer se félicite de n’avoir eu aucun appel de parent indiquant que son bout de chou aurait mal réagi à une telle piqure. De quoi rassurer les plus inquiets d’entre vous!

Pourquoi tant de visites?

Les rendez-vous chez le pédiatre sont fréquents. Selon le carnet de santé délivré à la naissance, le nourrisson en aura huit entre 1 et 24 mois. Durant ceux-ci, le praticien mesurera le développement de l’enfant sur trois niveaux:

• au niveau somatique, soit du point de vue de son évolution corporelle, marche et réflexes par exemple;

• au niveau cognitif, c’est-à-dire de la manière dont il fait l’acquisition du langage;

• au niveau social, avec l’observation de son comportement en société.

D’où l’importance de s’y tenir, même si cela peut encore sembler une épreuve quand vous récupérez bébé en pleurs. Avec un peu de temps et d’entraînement, votre bout de chou finira même par être ravi de revoir son médecin!

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