Il n'y a pas d'âge pour avoir un blog

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Moins prisé par les adolescents et leurs aînés depuis l'avènement de Facebook, le blog s'avère toujours en vogue chez les préadolescents. En effet, ce site web prenant la forme d'un journal personnel et sur lequel les lecteurs peuvent laisser des commentaires a la cote chez les juniors. Et pour cause, pas besoin d'être un ingénieur diplômé! Des plateformes d'hébergement comme Blogger, ainsi que des logiciels dédiés tel WordPress, permettent à tout un chacun d'aisément prendre en main sa création et sa gestion. Pour s'en convaincre, il suffit de se rendre sur «Canaille Blog», portail francophone destiné aux moins de 13 ans. Là, des dizaines de billets sont publiés chaque jour.

Des fillettes inspirées

La création d’un blog dans un cadre pédagogique devient de plus en plus tendance. Mais c'est aussi le cas hors du carcan scolaire. Un phénomène particulièrement présent dans les pays anglo-saxons, où avoir son journal en ligne est davantage ancré dans les mœurs – et ce, toutes générations confondues. Dès 5 ou 6 ans, certains bambins se proclament  blogueurs. Bien souvent, il s'agit pour eux d'imiter les grands frères et sœurs, mais aussi papa et maman. Avec l'aide de ces derniers, les enfants font part de leurs coups de cœur et relatent leurs activités en tout genre. Sur le blog «Major Love of Film», la chroniqueuse la plus jeune de la blogosphère partage son avis de cinéphile précoce. Rachel, 6 ans, a ainsi adoré le film d'animation «Rebelle». «Je lui donne un 11 sur 10», écrit la jeune spectatrice qui ne manque déjà pas d'humour! Sur «Monday Mixing», Ella, 8 ans, témoigne de son expérience de cuisinière en herbe, sans craindre de faire son autocritique. La mini-blogueuse a par exemple concédé, au sujet de la confection d'une pâtisserie: «Je crois que je n'ai pas mis assez de farine, car cela ne tenait pas ensemble.» A 7 ans à peine, Tom, lui, fait figure d'exception au sein de la blogosphère infantile, tant celle-ci est majoritairement constituée de fillettes. Curieux de tout, le petit bonhomme publie tous azimuts: qu’il s’agisse du compte-rendu d’une visite au musée ou d’un «best of» des activités à effectuer dans un jardin.

Précautions parentales

Quand on est haut comme trois pommes, bloguer ne se fait pas sans aide, ni sans risques… D'où l'intérêt du site britannique «Kid's Blog Club» qui se consacre au phénomène et prodigue de précieux conseils aux parents de très jeunes blogueurs. Pour sa fondatrice Joanne Mallon – journaliste et coach de vie –, avoir un blog lorsque l’on est enfant présente plus d'un avantage: «C'est excellent pour développer les compétences rédactionnelles et informatiques, de même que l'imagination.» Mais papa et maman se doivent de superviser leur bout de chou qui ne se retiendra pas forcément de dire où il habite, de divulguer des données confidentielles, voire d'insulter un camarade! A éviter également: signer de son vrai nom ou permettre aux visiteurs d'envoyer un mail directement à l'adresse du bambin. En effet, la personne de contact du blog doit absolument être un adulte afin de filtrer messages et commentaires.

Martha fait le buzz!

Le lectorat de ces mini-rédacteurs dépasse rarement le cercle des camarades de classe, des amis et des proches. Toutefois, certains se sont fait un nom et ont même défrayé la chronique. A l'image de Ruby Karp qui, à seulement 10 ans, tient son blog sur «Hello Giggles» (un site participatif en vogue s'adressant à un public féminin). Celle que les médias américains présentent comme «la plus jeune féministe au monde» y écrit des billets générant de nombreux commentaires. Cependant, il y a encore plus impressionnant en termes de retombées médiatiques. A 9 ans, Martha Payne a créé un buzz sans précédent quand le conseil administratif de sa petite ville écossaise a pris des mesures dans le but de censurer son blog «NeverSeconds»! Mais qu'a donc osé poster la fillette pour provoquer pareille réaction? Bien loin des controversées caricatures françaises, il s’agissait simplement de photos des plats servis à la cantine de son école! Rapidement, les critiques culinaires de Martha ont attiré des dizaines de milliers d'internautes et intéressés les médias. Face à ce succès, les autorités ont bien été obligées de lever cette censure, après que leur décision ait provoqué une avalanche de protestations sur les réseaux sociaux. La mini-blogueuse devenue star profite de sa notoriété de la plus altruiste des manières. Via son blog, elle récolte en effet des fonds en faveur de Mary’s Meals, une organisation caritative fournissant de la nourriture aux écoliers de pays pauvres. Les donations ont déjà dépassé les 180'000 francs suisses! Comme quoi, les enfants blogueurs peuvent aussi œuvrer pour la bonne cause.

 Photos:  artenot - Fotolia.com

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