L'animal, meilleur ami de l'enfant?

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Complices avant tout

La demande d’un enfant d’avoir un animal est tout sauf fortuite. La petite boule de poil exerce une fascination visuelle sur le bébé déjà. Plus tard, l’enfant va adorer son compagnon à quatre pattes pour sa disponibilité, sa prévisibilité et son contact tactile. Naturellement, il va nouer avec lui des liens affectifs forts, en faire le confident privilégié de ses peines et de ses secrets. L’animal stimule certaines aptitudes chez l’enfant, dont l’empathie principalement. «S’il souffre ou aboie, l’enfant s’alerte vite, car il est en résonnance étroite avec lui, souligne le médecin-vétérinaire Marc- Antoine Bosshart. Il s’inquiète et le fait savoir à ses parents. S’il y a une bonne alchimie entre les deux, il peut s’établir une remarquable complicité à mesure qu’ils grandissent ensemble. L’un apprend de l’autre. L’enfant comprend très tôt que l’animal doit obéir et qu’il est astreint à des règles. Il peut le voir comme un exemple éducatif. L’animal, quant à lui, se montre intrigué par les bruits et l’odeur de l’enfant. Il se place vite dans son sillage pour le petit supplément de nourriture qui peut tomber.»

Une relation en miroir

Face à l’enfant, l’animal fera souvent preuve d’une plus grande sollicitude et délicatesse qu’envers l’adulte. C’est comme s’il sentait sa vulnérabilité et se comportait en conséquence. Il supporte bien des choses de sa part – oreilles et queue tirées, déguisements – sans trop broncher. L’enfant établit avec l’animal une communication essentiellement non verbale qui le relie à son monde intérieur. De fait, il s’avère une ressource précieuse pour ses désarrois. «Nous connaissons des cas où l’animal a véritablement été une planche de salut pour des enfants caractériels ou dissipés. Il ne faut pas penser pour autant qu’il soit interchangeable. La relation duelle est à chaque fois unique. En général, l’animal, et particulièrement le chat, a instinctivement une préférence pour un membre de la famille.»

Responsabilité à géométrie variable

Au fil du temps, l’enfant apprend à respecter l’animal. Il peut s’impliquer dans sa prise en charge… jusqu’à un certain point! De mémoire de vétérinaire, «c’est très rarement l’enfant qui indique à ses parents le moment de vermifuger l’animal, par exemple. Sa responsabilité incombe aux parents, encore plus s’il est petit et doit être éduqué. Sinon, l’animal ne grandira jamais et restera un éternel enfant dans la famille.» Quant à savoir si l’enfant ne va pas se lasser de l’animal, il n’y a aucun signe prédictif en la matière. Pour un enfant en bas âge, une alternative conseillée est de choisir un compagnon de petite taille, tel un lapin nain. Pour un chien, toute adoption réussie passe nécessairement par l’implication active des parents. Pour permettre à l’enfant de s’initier à son futur rôle, certains éducateurs organisent aussi pendant l’été des cours de sensibilisation jeune maître-chien.

Quel animal choisir ?   

Chien

Avec des enfants, on évitera le chien d’attaque. Mieux vaut s’orienter vers un toutou affable, sociable et qui aime la compagnie. Avec son air espiègle et ses qualités toutes princières, le Cavalier King Charles est un chien de petite taille qui convient très bien. Star du dessin animé «Rox et Rouky», les enfants sont en pamoison devant lui et réciproquement. Le Labrador, le Golden Retriever sont également réputés pour être des chiens calmes et familiaux au caractère très agréable. Citons encore le Lhassa, le Shih Tzu, l’épagneul et le Boxer aussi connus pour bien s’entendre avec les petits. Les désavantages du chien sont liés aux contraintes nombreuses: le coût des soins (vaccins, contrôles…), l’impôt, les cours de sensibilisation obligatoires ainsi que le devoir de promenade très astreignant.

Chat

Le chat prend parfois des allures de chien qui plaisent beaucoup aux petits. C’est le cas des chats aux poils longs de type chartreux, persan ou birman. Pour les enfants, il convient de se diriger vers des chats européens au caractère réputé plus facile. Plus indépendant que le chien, le chat est aujourd’hui plébiscité. 

Cochon d’Inde

En voilà un qui se case facilement dans l’appartement si l’on n’a pas assez de place pour un chat ou un chien. Ce petit rongeur se domestique facilement. Il est apprécié pour son caractère calme et placide. En plus de sa douceur, il représente une faible charge financière. Son espérance de vie est en revanche assez courte – 3 à 4 ans – ce qui peut facilement provoquer un gros chagrin chez son jeune propriétaire.  

Lapin nain

Les petites filles aiment particulièrement le duvet doux du lapin nain de type tête de lion. Tel un chat, le lapin nain devient vite propre. Eduqué, on peut le laisser en liberté dans la maison sans craindre les déprédations de fils électriques grignotés ou de tentures arrachées. Hélas, l’expérience est aussi courte puisqu’il vit environ 6 ans.

 

6 conseils pour une adoption sereine

Acquisition: évitez d’acheter l’animal sur Internet ou par petites annonces. Souvent, ce sont des filières clandestines, peu scrupuleuses et comportant des risques sanitaires. Réclamez toujours un certificat attestant la bonne santé, voire l’origine de l’animal. Ou tournez-vous simplement vers la SPA de votre canton, où de nombreux animaux attendent d’être recueillis.
Disponibilité: veillez à en avoir pour le chien notamment. Il ne devrait pas rester seul plus de 4 à 5 heures par jour. S’il est petit, son éducation réclame un investissement de temps, de l’ordre de 7 à 8 mois. 

Terrain allergique: assurez-vous que l’enfant et le reste de la famille n’ont pas de terrain allergique. Un contrôle sanguin avant l’adoption d’un chat est une précaution utile.

Réflexion: adopter un animal est un processus réfléchi. Prenez votre temps et imaginez les changements que cette adoption peut causer.

Environnement: vérifiez que vous avez une personne dans votre entourage à qui confier l’animal si besoin, que votre régie autorise l’animal etanticipez la réaction de votre voisin de palier.

Budget: un chien ou un chat peut facilement coûter 500 francs en soins vétérinaires durant sa première année. A cela s’ajoutent d’autres frais tels que l’alimentation, le toiletteur, les frais de pension pour les vacances, les traitements antipuces, etc.

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