Méditation, yoga, sophrologie… Quels bénéfices pour nos enfants?

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Depuis quelques années, les enfants, même les petits, sont «stressés». Pression à l’école et à la maison, compétitions sportives, attentes des parents, les enfants sont «under pressure». D’où vient ce stress, comment aider nos enfants, quelles sont les clés pour qu’ils soient plus zen? 

Le stress, c’est la combinaison de ce que les autres et nous-mêmes attendons de nous et de ce que nous sommes capables de faire. L’anxiété peut venir de l’école, du divorce des parents, du cours de judo, du tournoi de tennis, du spectacle de danse, du moment où l’enfant «doit» devenir propre, des bonnes notes qu’il «doit» avoir… Si on ajoute à tout cela les emplois du temps de ministre des enfants qui n’ont parfois plus guère le temps de jouer, de s’ennuyer ou de se détendre tout simplement car trop pris par leurs activités périscolaires, on obtient des gamins sous haute pression. 

Parfois le stress n’est pas évident à reconnaître, mais il y a toutefois des signes et symptômes qui ne trompent pas: une humeur changeante, du mal à s’endormir, des cauchemars, une perte d’appétit, du mal à se lever le matin, des pipis au lit qui reviennent, des maux de ventre… Certains enfants envoient des signaux physiques, d’autres ont des problèmes de concentration ou de dialogue. Les plus jeunes peuvent prendre de nouvelles habitudes comme se mettre à sucer leur pouce, se toucher les cheveux sans cesse, faire des caprices pour rien, etc. 

Pour réduire le stress, le dialogue est une aide importante. Passer plus de temps avec les enfants est également un facteur de mieux-être. Mais pas n’importe quel temps! Du temps «qualitatif», où l’on débranche le téléphone, où l’on prend un goûter ensemble, on se promène, on parle, on rit, où l’on essaie de se connaître et d’échanger encore plus. 

Pour un enfant en âge de savoir écrire, l’encourager à tenir un journal intime dans lequel il peut «décharger» ses pensées est une bonne astuce. Pour un plus petit (mais aussi pour les autres), pourquoi ne pas lui offrir un enregistreur pour qu’il puisse raconter ce qui l’angoisse, ce qui ne va pas? 

Certes, lorsque l’état de stress d’un enfant est très avancé, il peut être avisé de consulter un pédopsychiatre, mais les méthodes «alternatives», telles que la sophrologie, le yoga ou la pédagogie positive pour n’en citer que quelques-unes, s’avèrent souvent d’un immense secours pour les enfants d’abord mais également pour les parents. 

Nous avons rencontré quelques professionnels de ces méthodes «douces» pour un aperçu de ce qu’elles peuvent apporter de positif, de rassurant et de bénéfique.

Léa Gouz-Cymerman, psychologue clinicienne, thérapeute pour enfants 

A quel moment faut-il consulter un psychologue? 

Il semble bon de consulter un psychologue si les symptômes liés au stress deviennent trop importants: anxiété, troubles du sommeil (insomnies, réveils nocturnes, etc.), échec scolaire, manifestations dépressives, troubles alimentaires, troubles du comportement (instabilité, vol, fugues, etc.). Il ne faut alors pas hésiter à prendre rendez-vous avec un professionnel. Ainsi, l’enfant sentira que ses parents prennent en compte son mal-être et le psychologue pourra lui proposer, et éventuellement aux parents aussi, un espace de parole afin d’évoquer des difficultés rencontrées.

Carole Serrat, sophrologue

Vous avez mis au point une méthode de sophrologie pour les enfants. En quoi consiste-t-elle? 

Il s’agit d’un ouvrage et d’un conte relaxant qui accompagne les enfants. La méthode propose des pratiques et des exercices adaptés aux différentes situations de stress, aux difficultés et aux défis auxquels les enfants peuvent être confrontés dans leur vie quotidienne. Tous nos exercices se pratiquent en musique. 

Avez-vous un «truc» rapide pour qu’un enfant déstresse?

Je propose un exercice ludique et efficace pour apaiser les tensions et procurer un apaisement physique et mental à l’enfant. Baptisé le «Sac à colère», cet exercice de sophrologie dynamique permet la libération des tensions, de l’agressivité et favorise un retour au calme. 

Imaginez que l’on remplit un sac avec sa colère et ses contrariétés. Inspirez profondément, imaginez avec netteté le sac juste devant nous. Ensuite, levez le bras, poing fermé à hauteur de l’épaule, puis soufflez très fort et venez frapper vigoureusement ce sac comme pour le détruire. Relâchez le bras. Répétez l’exercice trois fois.

- Gardez bien en vue cette image de sac à colère, en effectuant une deuxième fois cet exercice avec l’autre bras. Trois fois. 

- Reprenez le mouvement mais cette fois venez frapper le sac avec les deux bras. Recommencez trois fois. 

- Pour terminer, imaginez que le sac n’est plus qu’un tas de résidus de colère que vous piétinez allègrement; vous vous débarrassez ainsi de tous les sentiments de colère et d’agressivité.

Anne Belargent, doula certifiée

Diriez-vous qu’une maman enceinte zen fera un bébé zen? 

Grâce à la science, on connaît de plus en plus de choses à propos des conséquences de la vie in utero sur le bébé. Cela nous donne des clés de compréhension et nous permet de construire une relation avec notre enfant avant même sa naissance, mais cela peut aussi être extrêmement culpabilisant pour les futures maman alors qu’il n’y a rien d’anormal à douter et à s’interroger, voire à être complètement angoissée pendant la grossesse. 

Stressée ou pas stressée, ce qui compte à mon sens pour bien accueillir un bébé tient plus à deux choses: 

- se sentir bien dans ses choix, pour soi, pour son bébé, pour sa famille, ce qui implique souvent d’être le plus hermétique possible à l’avis de notre entourage!

- prendre soin de soi et de son bébé in utero, ce qui ne signifie pas forcément de faire du yoga tous les jours, mais plutôt de prendre quelques minutes dès que possible pour se poser et souffler. Tout simplement être présente à soi, sans se juger. 

Marie-Caroline Peponnet, professeure de yoga pour enfants

Vous avez mis au point une méthode de yoga pour enfants. Pensez-vous que le yoga puisse vraiment aider les enfants à être plus zen? 

Oui, j’en suis convaincue. Etre zen n’est ni un label ni une technique de bien-être. C’est vivre en union avec son corps et son esprit, prendre soin de soi comme des autres, affronter également ses propres peurs et s’en libérer. Le yoga aide les enfants à mieux se connaître et à s’accepter, donc à être zen par la suite avec le monde extérieur et dans leur vie d’adulte. 

Audrey Akoun, psychothérapeute

Qu’est-ce que la pédagogie positive?

La pédagogie positive est une approche éducative basée sur les principes de la psychologie positive qui prend en compte le développement de l’individu dans sa globalité. C’est une approche qui est très pratique, outillée et facile à mettre en œuvre. 

A partir de quel âge peut-on mettre en place ces règles de pédagogie positive? 

Vraiment dès le plus jeune âge, en stimulant la curiosité qui est naturelle chez le petit enfant et en adoptant un mode de communication bienveillant sans tomber dans le monde des bisounours ou les explications et justifications à rallonge. Il convient, par exemple, de juger les actes et les comportements plutôt que l’enfant lui-même: on évitera ainsi de dire à un enfant qu’il est méchant, préférant lui expliquer que ce qu’il a fait n’est pas gentil en lui demandant de réparer son erreur pour qu’il prenne conscience des conséquences et aussi que la réparation est toujours possible, matériellement ou symboliquement. 

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