Mon enfant est-il hyperactif ou simplement agité ?

Enfant hyperactif, superhéros

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Votre tout-petit ne tient pas en place ; il est turbulent à l’école et à la maison. Impatient, s’emportant facilement, il n’écoute personne. Faut-il s'en inquiéter ? Est-il hyperactif pour autant ? On fait le point.

Grimper, courir, être une vraie boule d’énergie, quoi de plus naturel chez un enfant ? Oui mais…  Votre enfant semble monté sur ressort depuis la petite enfance. Nouveau-né, il pleurait sans arrêt et s’agitait en permanence. Puis en grandissant, il dormait mal, sursautait pour un rien, bougeait sans cesse et tombait fréquemment. Irritable aujourd’hui, il ne supporte aucune frustration.  Et s’il était hyperactif ? 

Cette question, vous n’êtes pas les seuls parents à vous l’être posée. À force d’en entendre parler, on a parfois l’impression que l’hyperactivité est un fléau répandu. C’est faux. Être hyperactif, c’est en fait souffrir d’un syndrome appelé le TDA/H : le trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité. Selon l’Association Suisse romande de Parents d’Enfants et d’adultes concernés par ce trouble, cette pathologie neurologique touche 3 à 5 % des enfants d’âge scolaire et, dans une moindre proportion, les adolescents et les adultes.

On ne peut poser de diagnostic avant 4 ou 5 ans

Ce qui est loin d’en faire une pathologie fréquente. Mais il est nécessaire de savoir repérer les signes avant-coureurs car cette agitation excessive peut avoir des conséquences sur le développement affectif, scolaire et social de l'enfant et un retentissement important sur toute sa famille.  C’est généralement vers 4 ans ou 5 ans, que le diagnostic de trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité peut être posé, pas avant ! 

Le TDAH est un trouble associant trois symptômes majeurs dont l'intensité varie selon la personne : le déficit de l’attention, l'hyperactivité motrice et l'impulsivité. Ces troubles doivent être en décalage net par rapport à l'âge et au niveau de développement de l'enfant pour qu'on puisse parler d'hyperactivité.
A l’école, les troubles de la concentration sont le symptôme principal. L'enfant a du mal à apprendre à écrire, compter et respecter les interdits. Il donne l’impression de ne pas écouter quand on lui parle, ne suit pas les consignes et se laisse facilement distraire. Souvent, il multiplie les étourderies, il lui arrive même régulièrement d’oublier et de perdre ses affaires. 

L’enfant hyperactif peut interrompre n’importe quelle activité pour obtenir sa réponse

L’agitation, qu’on mettait jusqu’ici sur le compte de son caractère commence à réellement poser problème. L'activité motrice est augmentée et désordonnée ; elle interrompt l'attention et la concentration de l'enfant et gêne son aptitude à effectuer des travaux structurés. Les enfants en prise au TDA/H agissent comme s’ils étaient littéralement montés sur ressorts. Et parlent beaucoup, parfois très vite. Enfin, l’impulsivité dont ils souffrent les pousse à agir avant de réfléchir, et donc par exemple, à répondre aux questions avant d’en avoir entendu la fin. Ils peuvent interrompre n’importe quelle activité afin d’obtenir une réponse immédiate à leur demande et ont tendance à s’imposer à eux. 

Si vous constatez que votre enfant présente plusieurs de ces symptômes, prenez rendez-vous pour une consultation chez un médecin spécialisé. Le diagnostic doit donc être posé par un spécialiste, après un bilan clinique soigneux et un examen des capacités intellectuelles, du langage et du développement psychomoteur de l'enfant. Un diagnostic précoce est d'autant plus nécessaire que l'hyperactivité est associée, dans 50 à 70 % des cas, à d'autres pathologies (troubles anxio-dépressifs, troubles du langage, tics...) qui réclament, elles aussi, une prise en charge adaptée.

Pour aller plus loin

  • Certains enfants ont un terrain génétique favorisant le TDA/H mais le tout génétique n’est pas responsable. Les experts considèrent qu’il s’agirait plutôt d’une interaction de gênes, soumis à l’influence de facteurs variés issus de l’environnement physique (pollution, pesticides, virus…) mais aussi du milieu social ou éducatif.
  • L'hyperactivité se rencontre partout dans le monde et dans toutes les classes sociales. 
  • Ce trouble affecte 3 à 4 fois plus les garçons que les filles.
  • On a tendance à associer enfant hyperactif et précocité. Il ne faut pas faire d’amalgame. Si un enfant précoce peut être hyperactif, il en faut pas généraliser. Seul le test de QI permettra de déterminer si votre enfant est précoce ou seulement très curieux.

Comment aider un enfant hyperactif ?

  • Créez un cadre calme. Naturellement porté à se dissiper, l'enfant a besoin d'un milieu de vie apaisé. Exit donc les musiques bruyantes, les films ou jeux vidéo trop agressifs, ainsi bien sûr que les querelles à domicile. 
  • Evitez de le disputer sans cesse, même si c’est difficile de se maîtriser parfois. Son agressivité et sa culpabilité ne feraient que croître. Mais restez ferme : " Tu as dérangé le salon, tu ranges ! " Formulez vos demandes clairement, demandez-lui, avec douceur et fermeté : « parle moins fort », et ne criez pas : « arrête de hurler », dites-lui « dans la maison, on marche » et non « mais arrête donc de courir partout ! »
  • Fixez des horaires pour les devoirs, les repas, le coucher et des règles de vie que vous respecterez vous-même. Un enfant hyperactif a encore plus besoin de cadre que les autres. 
  • Parlez de son trouble avec ses professeurs et impliquez-les. Ainsi ils ne l’installeront pas au fond de la classe lorsqu’il a dépassé les bornes, ce qui renforcerait sa distraction.
  • Inscrivez votre enfant à un cours de sport : judo, arts martiaux, escrime... Ces activités demandent concentration et respect des règles de base et, cerise sur le gâteau, elles favorisent la socialisation.
  • N’hésitez pas à le récompenser Pourquoi ne pas passer un contrat, avec lui en définissant les choses à améliorer. Mais attention à ne pas lui en demander trop d'un coup !
  • Vous verrez, cette technique permet d'élever la capacité de patience de ces enfants qui ne savent pas attendre.
  • Régulez son alimentation L'enfant hyperactif peut souvent grignoter en pleine journée. Il faut être vigilant sur l'équilibre des prises alimentaires, pour ne pas favoriser d'autres troubles (surpoids, caries, etc.).
  • Encouragez-le Parce qu’il est l’objet de réprimandes ou de moqueries, votre enfant peut manquer de confiance en lui. Motivez-le par des encouragements à chaque réussite, et surtout, ne vous appesantissez pas sur ses erreurs et ses échecs. 

Infos : www.aspedah.ch, www.aspedah.ch, www.cappes.ch

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