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Education et consommation
« Ce n’est pas facile de trouver un juste milieu entre
satisfaire les voeux et résister aux offres », rapporte
une mère lors d’un café-parents. Comment apprendre
à nos enfants à « consommer équitablement » demande
alors un père.
La permanence éducative est riche
d’échanges. Un grand-père raconte :
« Nous, c’était pareil, sauf qu’à l’époque
« tout» représentait beaucoup
moins que maintenant». L’animatrice
poursuit : « En effet, la publicité crée
de nouveaux désirs qui doivent être
satisfaits aussi rapidement que possible.
Elle stimule des besoins pour tout
âge et elle est partout présente. Nous
sommes « poussés» à la consommation.
Les stratégies utilisées consistent
à casser l’autorité parentale, pour
mieux permettre
aux enfants d’assouvir
leur soif de biens
de consommation.
Comment faire face
à cela ? ». Une mère intervient : « C’est
incroyable, mon fils de 3 ans a vu une
pub pour des Playmobils. À la maison,
nous n’en avons pas ; mais, un jour,
dans le magasin, il a reconnu les boîtes
vues à la télé». En effet, dès l’âge de
3 ans, l’enfant est capable de reconnaître
le logo d’une marque, donc de
retrouver les jouets dans le magasin.
Par contre, ce n’est que vers 7 ans qu’il
sera en mesure de voir le contenu publicitaire
d’une façon critique. « Alors
comment faire ? demande un père, on
ne peut pas acheter parce que l’enfant
en a envie». L’animatrice poursuit la
réflexion : « Désirer, c’est rêver, attendre,
se réjouir, hésiter, faire un effort
pour augmenter les chances. C’est un
sentiment plutôt agréable. Bien sûr,
attendre, ça s’apprend. Cela permet
de réfléchir ensemble sur les pour
et les contre. Le désir nous aide à
construire un chemin vers un but,
à faire des efforts pour l’atteindre.
Lorsque la petite flamme du désir
s’éteint toute suite, il ne reste qu’un
vide. Donc les enfants qui reçoivent
facilement risquent d’avoir un seuil
de frustration plus bas que les enfants
qui doivent patienter ». Une maman
raconte alors : « Je trouve difficile
de gérer la quantité de cadeaux que
Lou reçoit à Noël. A son anniversaire
aussi, elle est inondée de cadeaux. Je
l’ai regardée déballer chaque cadeau.
Cela l’amusait plus que le cadeau en
soi, qu’elle mettait rapidement de côté
pour ouvrir le suivant ». Je trouve exagérer
de dépenser CHF 100.– et plus
par cadeau pour une petite fille, qui
s’amuse aussi bien
avec du matériel
récupéré ». C’est
un bel exemple que
nous apporte cette
maman. Comment gérer les fêtes avec
plein de cadeaux ? Autour de la table,
des idées jaillissent : une grand-mère
présente relate qu’elle a offert à ces
cinq neveux de 4-10 ans un week-end
en montagne et elle les a invités à un
spectacle de contes organisé dans la
région : les neveux auront des beaux
souvenirs ensemble, car en effet ils
ne se voient pas beaucoup entre eux.
Voilà une belle idée... partager du
temps ensemble, se cotiser pour des
leçons de piano, se mettre à plusieurs
pour offrir un cadeau utile. Un père
complète : « Oser ranger des jouets
pour les ressortir plus tard nous a aidé.
En ce moment, mon fils fait beaucoup
de puzzle, alors nous avons rangé les
Lego dans une armoire. Les jouets,
mis de côté quelque temps, deviennent
à nouveau intéressants plus tard.
L’animatrice complète : « L’enfant a
aussi plus de facilité à se concentrer,
lorsqu’il a moins de jouets autour de
lui ».
« Comment apprendre à nos enfants
à consommer équitablement ?»
demande la mère de Lou. L’animatrice
résume quelques outils : Utiliser
l’imitation. Par exemple, l’enfant qui
voit ses parents avec des envies, sans
les exaucer forcément, va mieux accepter
un « non ». Développer l’esprit
critique : par exemple lorsqu’un père
qui demande à son fils « ce sont les
baskets que tu as vues dans la publicité.
Que crois-tu qu’il faille pour courir
vite ? Ces baskets ou s’entraîner ? »
Retrouvez l'intégrale de l'article, avec les détails des spécialistes dans notre magazine, juillet./août. 2009
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