 |
Pour guérir ses éventuelles maladies, des entreprises proposent de conserver les cellules souches contenues dans le cordon ombilical de son nouveau-né. Afin d’éclairer
une pratique qui se développe fortement en Suisse, interview avec le Dr. Anna Wagner, médecin-assistante chez le Professeur Daniel Surbek, responsable de
l’unité d’obstétrique à l’Inselspital de Berne.
A quoi servent les cellules souches ?
Les cellules souches pourraient s’appeler cellules « originelles », car elles ont la capacité de se renouveler, se multiplier et se transformer
en différents types de cellules aux fonctions spécialisées. Dans le cordon ombilical, nous trouvons des cellules souches de type hématopoïétiques,
capables de produire des globules rouges, blancs et des plaquettes. Mais aussi des cellules dites mésenchymateuses, capables de
se transformer en cellules de tissus cartilagineux,osseux, adipeux, musculaires et nerveux.
C’est pourquoi elles peuvent être utilisées dans de nombreuses thérapies.
Le prélèvement de cellules souches du cordon ombilical est-il dangereux pour la mère ou le nouveau-né ?
Non, il ne comporte absolument aucun risque. De plus, il est sans douleur, car il est effectué après la naissance, directement sur le cordon ou le placenta.
Quelles maladies ces cellules permettentelles de soigner aujourd’hui ?
Les cellules souches issues du sang du cordon ombilical sont utilisées dans le traitement de plus de quarante maladies comme la leucémie, ou cancer du sang, des maladies malignes, telles que les lymphomes ou les myélomes, ou encore des dysfonctionnements tels que l’anémie, les troubles immunitaires ou certains troubles héréditaires du métabolisme chez l’enfant. En 2007, en Suisse, plus de 300 patients ont bénéficié d’un traitement de cellules souches, provenant soit de la moelle osseuse, soit du sang du cordon ombilical. Ce type de médecine régénérative promet des avancées révolutionnaires. Différentes thérapies sont à l’étude pour traiter le diabète, l’infarctus, les maladies du système nerveux ou la maladie d’Alzheimer.
Conserver les cellules du cordon ombilical de son bébé, est-ce vraiment une assurance pour sa santé ?
La probabilité qu’un bébé ait besoin un jour de ses propres cellules souches pour une transplantation est rare. Elle est estimée entre 1 cas sur 1000 à 1 cas sur 20 000. Mais le phénomène du stockage est trop récent pour se prononcer. Les premiers dons de sang foetal ont commencé en 1997 en Suisse.
Que conseillez-vous aux parents ? Don public ou stockage privé ?
Le don public doit être encouragé, car il peut sauver des vies. Avant cela, les parents doivent être informés de la possibilité du stockage privé. C’est une opportunité que les familles ont une fois dans leur vie. Aujourd’hui, si aucun membre de la famille n’a besoin de transplantation, les cellules souches n’ont que de rares chances d’être utilisées. Mais, dans le futur, elles pourraient se révéler précieuses. Les recherches et les avancées technologiques montrent le potentiel de la transplantation des cellules souches autogènes.
Pour plus d'informations, consultez l'article complet dans notre magazine, nov./déc. 2008
|
 |