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Le nombre de césariennes en Suisse ne cesse d’augmenter. Mais si les différences dans les chiffres par canton ne sont pas liées à des mentalités différentes, on retrouve par contre le röstigraben dès qu’il est question de souffrir. Regards croisés.
Texte : Albertine Bourget

Anja a trente-trois ans et mettra bientôt au monde son premier enfant. Cette Soleuroise a bien l’intention d’accoucher par voie basse. « Je veux que l’accouchement se passe de la manière la plus naturelle possible. D’innombrables femmes l’ont fait avant moi . » Anja dit avoir été quelque peu apaisée par la visite de la salle où elle devrait accoucher à l’Hôpital de l’Île à Berne, où trône une baignoire. Et la péridurale ? « Non plus, en tout cas je veux essayer sans. »
Anja est alémanique, ce qui explique, peut-être, son refus de la péridurale. En effet, s’il y a un röstigraben de la naissance, il est lié à la douleur, ou pour être plus précis, au seuil de tolérance à cette dernière.
En Suisse romande, l’anesthésie péridurale serait choisie par 60 à 70% des mères accouchant par voie naturelle – l’anesthésie péridurale est systématique lors d’une césarienne – contre... 20 à 30% des Alémaniques (25% à l’Hôpital de l’Île). Des chiffres qui grimpent à 80% chez les primipares, les femmes qui accouchent pour la première fois, et redescendent à 50% chez les multipares ayant donné naissance au CHUV de Lausanne, selon des informations recueillies par le quotidien fribourgeois La Gruyère.
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