A la découverte de la doula

A la découverte de la doula

Le mot «doula» vient du grec ancien «doúlê», signifiant «esclave, servante». Le terme peut, a priori, sembler péjoratif, mais il n’en est rien. Une doula est une accompagnatrice à la naissance, qui, contrairement à la sage-femme, ne peut exercer d’acte médical. Dominique Augsburger, doula depuis 2007 et formatrice, explique: «Nous fonctionnons beaucoup au niveau émotionnel. Un peu comme une meilleure amie avec laquelle on peut parler sans tabou et qui peut répondre à toutes les questions de manière éclairée.» Attention, qui dit émotion ne dit pas forcément accouchement naturel, à la maison et sans péridurale. Les femmes ont le choix. Cet accompagnement vise aussi à les aider à prendre conscience du type d’accouchement leur correspondant.

Doula vs sage-femme

Au niveau émotionnel, la sage-femme et la doula possèdent la même formation. Raison pour laquelle, bien souvent, les premières n’adhèrent pas à ce type d’accompagnement. Sophie S., actuellement enceinte de son premier enfant et suivie par une doula, en a fait l’expérience: «Je souhaitais que ma doula soit présente à mon accouchement. Mon médecin était d’accord, mais les sages-femmes ont refusé. Elles m’ont expliqué qu’elles avaient le sentiment que les doulas leur prenaient la partie émotionnelle – facette de leur métier qu’elles apprécient particulièrement. Pourtant, c’est incomparable. Lors de mes rendez-vous à la maternité, j’ai rencontré une sage-femme, mais je ne suis pas sûre que ce soit elle qui sera là lorsque j’accoucherai. Avec notre doula, un climat de confiance très fort s’est instauré. Elle aurait su trouver les mots pour nous aider à rester sereins lors du grand jour.» Un témoignage qui renforce le point de vue de Dominique Augsburger, pour laquelle il semble essentiel de pouvoir accompagner les parents jusqu’à la naissance. Tant pour la maman que pour le papa, qui a souvent besoin de soutien.

Comprendre et soutenir

Sophie S., future maman ayant fait appel à une doula, a découvert le phénomène grâce à des amis vivant aux Etats-Unis et au Canada, pays où ce métier est déjà très répandu. Après deux fausses couches, l’idée de se tourner vers ce type de professionnelle s’est imposée naturellement. Malgré un entourage présent, et en complément des cours d’haptonomie (méthode permettant de créer du lien entre le foetus et les parents par le biais de caresses prodiguées au ventre), elle ressentait le besoin de bénéficier d’un soutien émotionnel et psychologique. «Nous avons pu aborder tous les sujets tabous, ce que je n’aurais pas forcément fait avec un parent, confie-t-elle. Et lorsque j’ai mal ou que j’angoisse, je peux l’appeler pour lui en parler. Elle a ce détachement émotionnel que n’ont pas ma mère ou ma soeur. Mon mari est également très impliqué. Pouvoir lui confier ses craintes l’a beaucoup rassuré.» L’expérience prime chez la doula. Il faut dire que l’un des prérequis à cette fonction est d’avoir déjà mis un enfant au monde, par voie basse ou par césarienne. «Dans notre métier, la notion de transmission est très importante, précise Dominique Augsburger. Une grossesse n’est pas toujours épanouie et heureuse. Les parents sont souvent inquiets, sans compter les moments de ras-le-bol.» Avoir soi-même donné la vie permet de comprendre ces subtilités.

Après le jour J

Le suivi post-naissance est tout aussi important. La doula va notamment pouvoir vérifier que le baby-blues ne se mue pas en véritable dépression. En cas de besoin et d’extrême fatigue, elle peut aussi bien apporter un plat de lasagnes que rester à l’écoute... «La doula offre un espace de parole rien que pour les mamans. Chose que les femmes enceintes peuvent avoir du mal à trouver lors des rendez-vous médicaux.» A l’heure où la surcharge de travail oppresse le milieu médical et où le stress résonne dans tous les corps de métier, la doula offre aux parents le temps… de prendre leur temps.

Doula: une vraie formation

Après avoir envoyé une lettre de motivation et passé un entretien, Léa Candaux, mère de deux enfants, a obtenu l’autorisation de suivre une formation de doula. Ainsi, durant 1 an, elle assistera à cinq modules traitant notamment de la physiologie et de la psychologie de la grossesse, de l’allaitement et de la place du père. En amont, un travail conséquent l’attend: lecture de livres, résumés à rendre entre chaque module et participation à un groupe de soutien. Pour faire valider son diplôme, elle devra également accompagner deux couples en tant qu’apprenante. «Lorsque j’ai entendu parler des doulas, j’étais à 3 semaines de mon accouchement, explique Léa. Exercer ce métier est alors devenu une évidence. Et ce n’est qu’un début. Par la suite, la majeure partie d’entre nous complète cette formation par d’autres activités. Pour ma part, j’aimerais apprendre à faire des massages et à utiliser les huiles essentielles. Mais, pour le moment, je me forme également à la Croix-Rouge afin de devenir aide-soignante. Tout est lié.»

Plus d'informations sur www.doula.ch.

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