Césarienne à la carte

Victoria Beckham, Britney Spears, Angelina Jolie et bien d’autres stars ont accouché au bloc opératoire, sans que cela soit pour des raisons médicales. Mais la césarienne ne séduit pas seulement les «people». Aujourd’hui, en Suisse, environ 30% des enfants naissent grâce à l’intervention du bistouri. Même si la plupart des césariennes sont inévitables, davantage de femmes enceintes optent délibérément pour cette forme d’accouchement. Mais pourquoi se soumettent-elles volontairement à cet acte chirurgical redouté pendant bien longtemps? Le mot «césarienne», dérivé du latin caesar, renvoie au fameux Jules César. Selon la légende, celui-ci serait né par incision. Toutefois, sa mère ayant survécu à sa venue au monde, il ne s’agirait là que d’un mythe. En effet, à cette époque, il était quasi-impossible de subsister à cette opération. Au XIXe siècle, le taux de mortalité était encore supérieur à 80%. Depuis, il s’agit d’une intervention beaucoup plus sûre, qui, dans la majorité des cas, est bien tolérée par la patiente. Néanmoins, cela reste un geste chirurgical qui n’écarte pas certains risques et effets secondaires.

Une idée qui fait son chemin

Spontanément, on peut se demander ce qui pousse les femmes à choisir volontairement la table d’opération… Veulent-elles imiter les stars? Ménager leurs parties intimes? Ou déterminer la date du jour J pour que celui-ci coïncide avec les 90 ans de l’arrière-grand-tante? «Pas du tout», affirme Nathalie, qui, il y a 3 ans, a ainsi donné naissance à son fils Mattia. «Au début de ma grossesse, je ne me faisais pas de souci, raconte-t-elle. Quand j’en étais au 5e mois, mon gynécologue m’a laissé entendre que j’avais un placenta praevia.» Le placenta étant dans ce cas situé trop près de l’orifice du col de l’utérus, une naissance par voie naturelle est tout simplement impossible. «C’est ainsi que j’ai commencé à m’intéresser de plus près à l’accouchement, et plus particulièrement à cette "menaçante" césarienne.» Plus tard, alors que le diagnostic s’est révélé faux et que rien n’allait contre un accouchement traditionnel, la Zurichoise a pourtant opté pour une intervention chirurgicale. «Ce qui me plaisait dans l’idée d’une césarienne, c’était le fait de pouvoir tout organiser. Même si pour certains cela manque de romantisme, moi, il me semblait rassurant de savoir quand, où et comment mon enfant allait naître», raconte Nathalie. Ainsi, elle a choisi un grand hôpital coutumier de cet acte. «Les médecins et les sages-femmes ont accepté mon choix, mais ils ont tout de même tenu à m’informer des conséquences liées à cette opération.»

Rendez-vous au bloc… 

Comme il n’y avait pas de contre-indication pour son état de santé, Nathalie a choisi une anesthésie locale afin de vivre en direct l’arrivée de son fils. Si la péridurale est utilisée pour réduire la douleur lors d’un accouchement par voie basse, dans ce cas, c’est une rachianesthésie qui est pratiquée. Daniele, le mari de Nathalie a pu assister à la naissance. «Pour moi, c’était une expérience tout à fait particulière, explique-t-il. J’étais dans la salle d’opération et j’ai eu la possibilité de porter tout de suite Mattia. Je n’oublierai jamais ce moment.» Pour Nathalie, l’expérience a également été positive, mais elle ne se doutait pas que l’ambiance de la salle d’opération serait aussi oppressante. «Lorsque je suis arrivée sur la table, j’avais froid, j’étais nue, recouverte de désinfectant et reliée à plusieurs tuyaux. C’est là que j’ai compris pourquoi tant de femmes sont traumatisées après une césarienne pratiquée en urgence. Moi, au moins, j’étais préparée psychologiquement et je savais ce qui m’attendait.»

L’accouchement sans douleur: un mythe

Certains voient dans la césarienne un moyen d’accoucher sans douleur, tandis que les partisans du «tout nature» la méprise. Chaque personne ayant subi une opération abdominale le sait bien... Si l’anesthésie est efficace, l’opération en elle-même ne fait pas souffrir. La douleur apparaît seulement ensuite et persiste plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Après l'intervention, une fois que l’effet de l’anesthésie s’est estompé, Nathalie a dû prendre des antalgiques pour limiter les maux liés à la cicatrice et aux contractions post-natales. Ces dernières étant plus intenses qu’après un accouchement par voie naturelle. Le lendemain, elle a même renoncé à allaiter son fils Mattia. «J’avais beaucoup de peine à me lever parce que les muscles de mon ventre avaient été sectionnés. Ce n’est qu’au bout de 2 à 3 semaines que je n’ai plus eu mal.»

A présent, la cicatrice a disparu, et Nathalie est enceinte de 8 mois. «Cette fois, cela a été plus dur de choisir entre césarienne et naissance naturelle, parce que j’ai le sentiment d’être passée à côté de quelque chose», confie-t-elle. Cependant, la jeune femme est à nouveau en quête d’une certaine sécurité pour sa fille, et même s’il est possible d’accoucher par voie basse après une telle intervention, les risques sont néanmoins beaucoup plus grands. Pour cette raison, Clara, la petite sœur de Mattia, viendra au monde avec l’aide d’un chirurgien. Nathalie ne regrette pas du tout son choix. «Au contraire, dit-elle. La naissance de Mattia n’était ni simple, ni sans douleur, mais il s’agissait tout de même de la plus belle chose que j’ai vécue et je me réjouis déjà d’accueillir Clara.»

Illustration: Ala - Fotolia.com

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