Enceinte, vous la trouvez sexy?

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Toutes en formes, pulpeuses, solaires ; les cheveux éclatants, une peau de bébé; les femmes enceintes sont désirables pour bien des hommes… Tous les hommes ?

Attirante, une future maman? En voilà une drôle de question. Et cependant, quand on la pose aux hommes, futurs papas ou déjà en train de pouponner, on peut être surpris par leurs réponses. Nous sommes belles enceintes, paraît-il. Belles à pleurer pour certains, vous allez le voir. Mais souvent, les futures mamans en doutent. Qu’en pensent sincèrement les principaux intéressés? Et si on leur donnait la parole?

Pour certains futurs papas, bébé est un concept si abstrait qu’il ne change en rien leur sexualité

Il y a tout d’abord les futurs papas qui préfèrent occulter la grossesse et ne rien changer à leur vie. Ce n’est pas qu'ils nient ce qui est en train de se passer; ces messieurs se rendent bien compte que le ventre de leur femme s'arrondit. Seulement, pour eux, le bébé est un concept abstrait; ils ne sentent pas grandir leur enfant dans leur corps et n'ont pas la conscience qu'ont les futures mamans de tout ce qui est en train de changer. Alors pour eux, la sexualité n’est pas perturbée.

Cyril, 32 ans, père de Noé, 6 ans, et de Carla, 2 ans

«Si je trouvais ma femme sexy? Bien sûr, encore plus qu’avant même! C’est superbe une femme enceinte avec des formes; j’adorais la serrer contre moi et sentir ses formes pulpeuses alors qu’elle est plutôt mince. Oui, j’avais encore plus envie d’elle et j’aimais beaucoup sa façon de se tenir droite avec son ventre rond, sa manière de se déplacer. Ses vêtements amples sur sa forte poitrine étaient assez suggestifs en plus».

On le voit, la grossesse peut être vécue comme une période érotique durant laquelle le futur papa découvre chez sa femme des seins généreux, des cheveux qui brillent, des formes épanouies et une sensualité à fleur de peau...

«Je l’ai désirée plus que jamais»
«Nous avons eu une relation sexuelle incroyable les premiers mois de notre rencontre, puis cela a été le calme plat, poursuit Cyril. Et pendant la grossesse, je l’ai à nouveau désirée, encore plus qu’à nos débuts. Incroyable. Son état m’excitait. Je la trouvais plus belle, plus drôle, encore plus sexy. J’ai été très demandeur et j’aurais pu continuer à faire l’amour jusqu’au jour de l’accouchement, si elle ne s’y était pas opposée; voir cette femme, la mienne, aussi épanouie, voire en extase, me bouleversait. Je me souviens qu’un jour, alors qu’elle caressait son ventre sans savoir que je la regardais, je me suis mis à pleurer. C’était comme si elle incarnait toutes les femmes».

A l’inverse, sans que la libido ne se trouve en chute libre, il se peut que le futur papa exprime son désir par des caresses, de la tendresse, sans vouloir, voire en fuyant le coït. «Et pourtant, je trouvais Karen craquante, très belle même», témoigne Alfred. Mais j’étais impressionné par ses transformations. Et même si elle était rayonnante, j’avais autre chose en tête à l’époque; les travaux dans la maison n’en finissaient plus et j’ai passé les six derniers mois de la grossesse à peaufiner notre «nid» : isolation, double-vitrage, faux-plafond, etc. Alors, oui, Karen était sexy mais bon…».
Chez d’autres, le fait de voir la femme devenir mère peut stopper net le désir. Le futur père ne voit plus la femme mais uniquement la maman. C'est un peu comme si vous deveniez sacrée, intouchable. Avec l'idée, enfouie dans leur inconscient, qu'une mère: «c'est sacré», donc sans aucune connotation sexuelle. Le futur papa peut considérer la simple idée d’envisager des câlins comme un péché. Pour lui, une femme enceinte ne se touche pas. La raison à cela doit sans doute se chercher dans l’influence de notre culture dans laquelle la sexualité pendant la grossesse était tabou. Ces hommes ne parviennent pas à concilier leurs pulsions et le respect qu'ils croient devoir vous témoigner, en tant que «porteuse de leur enfant».

D’autres futurs pères ont une réaction très particulière: le bébé est ressenti comme un intrus qui s'immisce dans les rapports intimes, ce qui coupe court à toute sexualité. Ils somatisent beaucoup: ils perdent ou prennent du poids (la fameuse couvade!), sont irritables, développent un orgelet ou des angines à répétition et sont très peu disponibles pour les câlins.

Enfin, certains hommes peuvent avoir «peur» de la maman, si la libido de celle-ci est exacerbée. Surtout si elle était assez tiède à l’idée de faire des câlins auparavant. Ils se sentent agressés quelque part, ne reconnaissent plus la maman. Avoir la sensation de ne plus mener la danse peut leur faire perdre leurs moyens. A l’instar de Pierre-Yves, papa de Baptiste, 6 ans. «Les premiers jours de la grossesse, Marine était très angoissée. Elle allait s’allonger à la moindre occasion et refusait de faire toute activité physique. Elle justifiait son comportement par le fait que les trois premiers mois de grossesse, il y avait un risque important de fausse couche. J’ai fini par penser que c’était une poupée de verre très fragile et à partir du deuxième mois, nous n’avons plus fait l’amour. Et lorsqu’elle a eu à nouveau envie, j’ai eu peur. Je ne la reconnaissais plus car elle avait des envies sexuelles que je ne lui avais jamais vues et cela m’a terrorisé. »

Certains futurs pères peuvent également avoir peur de faire mal au bébé. Cette angoisse est irrationnelle; des peurs ancestrales, des fantasmes comme l’impression de faire l’amour devant une autre personne, le bébé en l’occurrence. D’autant plus si le père a appris à communiquer avec bébé. Ecoutons Patrick: «Françoise m’a expliqué les principes de l’haptonomie; c’était génial mais progressivement, je me suis fait des films. Pendant que nous faisions l’amour, je me disais qu’il m’entendait, je me sentais presque épié! Pire, j’avais le sentiment qu’il me jugeait. J’étais paralysé».

Une fois bébé venu au monde, certains freins à la sexualité peuvent apparaître. Si la main allaite, le sein peut apparaître comme la propriété du bébé, lui retirant ainsi son attrait sexuel, d’autant que l’enfant et la maman sont parfois dans une bulle fusionnelle qui tient le papa à l’écart. Il faut alors laisser le temps au temps; débuter avec des câlins et de la tendresse, s’écouter l’un l’autre et attendre d’avoir profondément envie de faire l’amour.

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