Les mères parfaites, ça n’existe pas!

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Être ou ne pas être une bonne mère… vaste question, mais que nous devrions éviter de trop nous poser. Car au-delà des grands discours et des regards de l’entourage, c’est son coeur qu’il faut laisser parler. Rester centrée sur l’essentiel, c’est la meilleure façon de faire corps avec son enfant. Explications.

Dès le jour où j’ai su que j’étais enceinte, les questions ont afflué dans ma tête raconte Sophia, mère de Clémentine, 4 ans. Serai-je une bonne maman? Parviendrai-je à être à la hauteur?». Pour Sylvia, enceinte de sept mois et mère de Bastien 5 ans et de Clara 2 ans, c’est toujours la même rengaine: «Serai-je aussi bonne que maman l’a été avec nous?», alors que pour Samantha, les choses se sont posées en ces termes: «Arriverai-je à ne pas reproduire la relation désastreuse que j’ai eue avec la mienne?». Rares sont les femmes qui n’ont pas eu de telles interrogations. Si parmi elles, certaines restent zen face à ces questions, d’autres les ressassent continuellement. A l’instar d’Evelyne qui écrit sur son site, Untibébé.com: «Je me suis revue pendant ma première grossesse. Je n'avais à penser qu'à moi et à mon petit ventre rond. L'Homme et moi vivions heureux, sans grosse responsabilité, on suivait notre bonhomme de chemin… Et puis est arrivée Minipuce. Là, tout a basculé. (…) Maintenant qu'elle est là, on n'en finit plus de se poser des questions, d'avoir peur pour elle, de craindre pour son avenir… Et avec l'arrivée prochaine de sa sœur, ce n'est pas près de s'arranger!». Rassurez-vous, ces craintes existent depuis la nuit des temps et gageons que nos filles et nos petites-filles, ainsi que leurs descendantes, se poseront probablement ce genre de questions.

Une culpabilité liée aussi à la façon dont on a été soi-même élevée

La culpabilité que l’on ressent envers son enfant peut trouver son origine dans l’inconscient, dans la façon dont on a soi-même été élevée par sa mère, dans son histoire personnelle, mais aussi à travers des modèles gravitant dans notre entourage: notre supérieure, une femme qui fait carrière tout en ayant trois enfants, la cousine Stéphanie qui a arrêté de travailler pour se consacrer à ses enfants. Sans parler des célébrités qui, bien que loin de notre univers, véhiculent des idéaux: la minceur malgré les grossesses successives, la capacité à concilier carrière au sommet et famille nombreuse, etc. Du coup, les mamans culpabilisent pour un rien et même pour tout; elles ne se sentent pas à la hauteur quand leur enfant a de la fièvre, se traitent de piètre cuisinière quand il a des coliques. Et quand leur tout petit pleure et qu’elles ne savent pas le consoler, les mères se sentent coupables. Une fois scolarisé, elles se culpabiliseront parce qu’elles le récupèrent plus tard que ses petits camarades. S’il a de mauvaises notes à l'école, ces femmes se diront que peut-être, elles ne l’ont pas assez suivi...

Être à l’écoute

Pourtant toute maman a en elle, sauf circonstances exceptionnelles, tout ce qu’il faut pour s’occuper de son bébé. Et le tout-petit de son côté a les moyens d’interagir avec elle. La mère se met en général naturellement à la portée de son enfant et comprend rapidement ce dont il a besoin. Au bout de quelques semaines, intuitivement, en partant de ce qu’il exprime, elle décode ses pleurs de faim, de fatigue, de douleur. De son côté, le tout-petit découvre très vite que lorsqu’il crie, poussé par l’envie de manger, sa maman accourt pour lui donner ce dont il a besoin, faisant ainsi le lien entre ce moment, la voix de sa mère, son odeur, le câlin et la tendresse qu’elle lui apporte. Ce faisant, la maman répond non seulement au besoin de nourriture de son enfant mais aussi à sa demande d’amour. Malgré cela, nombreuses sont les femmes à se demander si elles ont ou auront la capacité d’élever leur enfant. Sarah raconte: «Quand j’ai eu Nathan, j’étais complètement stressée. Je voulais que tout soit parfait. Quand je lui ai présenté sa première purée de légumes maison et qu’il a jeté l’assiette par terre, j’ai éclaté en sanglots. Lorsqu’il se réveillait en hurlant de sa sieste alors qu’il devait dormir, cela m’angoissait. Et je le laissais pleurer, parce que c’était ce que conseillaient le médecin, les magazines, et ainsi de suite». Des principes qui ont aussi guidé Samantha et qu’elle regrette aujourd’hui d’avoir appliqué à la lettre. «Je ne me faisais pas suffisamment confiance, confie-t-elle… alors je préférais écouter les autres que mon instinct». Il faut aussi apprendre à mettre de côté l’image du bébé idéal. «On ne m’avait pas dit qu’un nourrisson pleurait autant», raconte encore Sarah qui s’est trouvée démunie face à un bébé ne cessant de sangloter en fin de journée et qui, de surcroît, refusait de prendre le sein. «Je ne savais pas que c’était si difficile d’être parent et d’apprivoiser son enfant, aussi grand soit notre amour, ajoute-t-elle. En fait, il faut s’adapter l’un à l’autre». Et puis, les mamans d’aujourd’hui ne jouissent pas d’un entourage familial aussi fort qu’autrefois. Alors elles vont chercher leurs références dans la profusion d’informations diffusées sur la maternité. Comme la société a beaucoup avancé d’un point de vue scientifique sur les besoins réels des bébés, les mamans cherchent davantage à s’y ajuster. Par ailleurs, elles sont plus exposées aux injonctions d’une certaine idée du «devoir» d’une bonne mère: savoir nourrir, vêtir, consoler, mais aussi parler à son bébé, l’éveiller, etc. Le problème, c’est que quand on cherche à être une bonne mère, celle que la société voudrait que l’on soit, on est centrée sur soi. Pour se conformer à une image, on s’évalue en permanence, alors que c’est vers l’enfant que l’on devrait être tournée. Or l’important pour une maman, c’est qu’elle se fasse confiance, sans faire référence à une quelconque éthique ou à une morale extérieure. Tenez-vous en à votre intuition et cessez de vouloir tout intellectualiser. Il s’agit, en somme, de trouver le bon rapprochement avec son bébé, d’entrer en résonnance avec lui. Et de pouvoir, ainsi, lui offrir une présence de qualité, une vraie disponibilité psychique. Les moments passés avec son tout-petit seront encore meilleurs, si vous êtes épanouie et que vous ne culpabilisez pas à l’idée d’être parfois absente, de passer du bon temps à l’extérieur. Car tout ce que vous emmagasinez de plaisir à l’extérieur sera bénéfique à votre relation. Sans culpabilité aucune.

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