Quand la grossesse bouleverse aussi les pères

Texte par:

On ne soupçonne pas leur importance et pourtant, les effets de la grossesse sur les hommes sont réels. Angoisse, prise de poids, sommeil agité, perte de repères… Malgré leur joie évidente, les futurs pères qui ne trouvent pas leur place durant la grossesse sont souvent démunis. Comment les aider ?

Ils sont toujours présents aux échographies, choisissent eux-mêmes la layette du futur bébé, embrassent le ventre de la future maman, ne manqueraient l’accouchement pour rien au monde ; ce sont les nouveaux papas. Impliqués, investis, rassurants, informés ; voici l’image que la société renvoie d’eux. Mais à la maison, c’est une autre histoire. Fragiles, peut-être. Déboussolés, sûrement. Car lorsque leur compagne devient mère, leurs hormones sont bousculées. C’est ce qu’a montré une étude publiée dans l’American journal of human biology selon laquelle le taux prénatal de testostérone ainsi que celui d'œstradiol déclineraient de manière significative chez les hommes dont la compagne attendrait leur premier enfant. Voilà ce qui pourrait donc expliquer que les futurs papas aient, eux aussi, tendance à grossir. Ainsi, autant étonnant que cela puisse paraitre, les jeunes pères vivent et ressentent eux aussi l’arrivée du bébé dans leur corps.

La grossesse, un grand mystère pour le père.

Dès l’annonce de la grossesse, certains futurs pères se sentent complètement perdus. Il faut dire que la grossesse est pour eux un grand mystère, d’autant qu’il est difficile de concrétiser l’enfant futur car sa présence n’est pas encore visible, et encore moins palpable. Ils comprennent les petits maux de la grossesse dont souffrent leur compagne mais la complexité de la grossesse leur échappe. Désemparés, les papas le sont encore plus quand la grossesse n’était pas prévue. Ce qui peut les amener à des comportements déroutants comme l’addiction, les sorties multipliées avec les copains, les voyages à gogo ou les longues heures passées au bureau. Certains quittent même le domicile… Les jeunes pères sont aussi déroutés car ils doivent faire face au sentiment d’être exclus. A l’instar d’Alexis, papa de Solenn qui se souvient : « J’étais content mais je me sentais parfaitement inutile. J’essayais d’être le plus présent possible et pourtant, face à ce ventre qui grossissait, j’étais parfois mal à l’aise. Avec du recul, je m’aperçois que j’étais frustré de ne pas partager autant que ma compagne l’arrivée du bébé ; j’avais l’impression de n’être qu’un spectateur. » 

Certains pleurent tout bas.

Si certains pères cherchent leur place, d’autres surinvestissent. Laura, enceinte de six mois, exprime ses craintes sans détour : « Mon mari Paul est tellement impliqué dans cette grossesse et pour la suite que j'ai l'impression de ne plus exister. Tout, absolument tout, tourne autour de notre futur bébé, mais il n’a pas envie d’écouter ce que je ressens. Y compris quand il s’agit de douleur. Avant de se coucher Paul va d'abord embrasser mon ventre, il lui parle et il me dit bonne nuit rapidement.  Je me demande comment il se comportera quand notre fille sera là. Est-ce que j’existerai encore ? J’ai peur de ce que cette naissance va faire à notre couple. »

Enfin, il y a des futurs papas qui craquent. Il est important de décrypter ce baby-blues car pudiques, beaucoup de papas préfèrent pleurer tout bas. Pour rien parfois. Comme Nicolas, papa de Baptiste, 3 mois. « Même s’il m’a fallu du temps pour réaliser la grossesse, j’étais confiant. Les premiers jours de la naissance se sont passés comme dans un rêve mais très vite, j’ai déchanté. Baptiste pleurait beaucoup, j’étais épuisé et je perdais vite patience et là, j’ai commencé à craquer. Je pleurais pour un rien. J’ai eu une chance inouïe, Morgane ma compagne m’a écouté, compris et soutenu. Et les sourires de mon fils m’ont fait tout oublier. »

Face à ces angoisses, le soutien de la mère est essentiel, même si elle a elle aussi, ne l’oublions pas, à gérer ses propres craintes. Mais ensemble, on est plus forts. Soutenir son compagnon, c’est l’encourager à suivre la même hygiène de vie que celle que l'on s'impose soi-même : limiter les aliments trop gras et trop sucrés, éviter le grignotage, veiller à manger équilibré, boire suffisamment d'eau, poursuivre une activité physique régulière, se reposer... Ensuite, en partageant avec lui vos petits trucs contre les nausées ou l'insomnie : tisanes calmantes, exercices de relaxation, massages... Enfin, valorisez-le en lui confiant des tâches bien précises ; demandez-lui de porter les affaires lourdes, de faire les courses, de vous enlever les chaussures, de vous masser le dos en fin de journée… Des petites attentions qui le mettent à contribution et qui vous rapprochent en tant que couple et en tant que parents.

Ensuite, il peut aussi jouer son rôle de père avant l’heure : s'occuper des démarches administratives pour la maternité, la naissance et la crèche, préparer la chambre et les affaires du bébé, les faire-part par exemple... Mais aussi participer activement à la grossesse en vous accompagnant aux rendez-vous médicaux, aux échographies, aux cours de préparation à l'accouchement. Privilégiez tout particulièrement l'haptonomie, une des techniques utilisées dans ces séances qui permet au père, par le biais du toucher, de communiquer avec le futur bébé et donc de trouver sa place dans cette relation à trois. Bien sûr, si la situation devenait vraiment délicate, vous pouvez demander conseil à votre sage-femme, votre gynécologue ou votre médecin traitant qui pourra si besoin orienter le futur père de votre enfant vers un spécialiste. Parlez des grands sujets d’actualité, d’éducation, de littérature, de sport en couple, et pour tout le reste, vous verrez au jour le jour. Profitez de ces 9 mois pour mettre en place de bonnes bases. Cela vous aidera aussi beaucoup dans le futur.

C’est une bonne chose de demander de l’aide à son mari pendant la grossesse, cela l’aide à vivre cette grossesse d’une certaine façon et de comprendre les changements qui s’opèrent doucement.
Certaines femmes sont alitées, et le rôle du père est donc extrêmement mis à l’épreuve.

Share