Les vitamines: nos meilleures alliées pour la grossesse

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Si nos voisines d’Outre-Atlantique ne jurent que par les vitamines, nous sommes plus modérées. Mais notre alimentation couvre-t-elle bien tous nos besoins? Parmi les avis partagés, nous vous aidons à distinguer l’essentiel du superflu.

Les vitamines, tout le monde le sait, sont essentielles pour la maman en devenir comme pour le futur bébé. Par exemple, on a appris qu’un apport suffisant de calcium pendant la grossesse assure des os solides et de qualité au bébé. Que la vitamine B9 (ou acide folique) assure au bébé un ADN musclé. Et qu’une carence en vitamine D engendre un risque d’hypocalcémie et de crise de tétanie chez le bébé.

 

La plupart des aliments contiennent des vitamines mais aucun ne dispose des quantités suffisantes pour couvrir la totalité des besoins

On croit aussi qu’on assure notre apport de vitamines D en prenant son jus d’orange. Si le jus fraîchement pressé est en effet bénéfique, d’autres vitamines sont nécessaires à l’organisme, notamment chez la femme enceinte.

«La plupart des aliments contiennent des vitamines, mais aucun ne dispose des quantités suffisantes pour couvrir la totalité des besoins. Les fruits et légumes ne constituent pas la source essentielle de toutes les vitamines: seules trois d’entre elles (C, B2, B9 et bêta carotène) sont apportées en majorité par des éléments d’origine végétale. Les autres sont apportées pour moitié (B2 et B6), en majorité (B2, A et E) ou en totalité (B12) par des éléments d’origine animale», signale le Centre d’Etudes et d’Information sur les Vitamines (C.E.I.V).

Il est donc vital de s’alimenter correctement avant et pendant la grossesse. «L’alimentation de la femme enceinte peut influencer positivement non seulement le bon déroulement de la grossesse et le développement du foetus, mais également l’état de santé, à long terme, de la mère et de l’enfant », explique la Société suisse de nutrition. «Durant la première moitié de la grossesse la qualité des apports alimentaires est essentielle, alors que durant la seconde moitié, la quantité prend également de l’importance, afin d’assurer la croissance harmonieuse du foetus. C’est donc dès le début de la grossesse, et si possible déjà avant la conception, que les bonnes habitudes en matière d’alimentation devraient être prises».

 

Attention à nos modes d’alimentation actuels

Pendant la grossesse, parce que la croissance du bébé exige un besoin accru de vitamines, A, D, B1, B6, B9 et C, de fer et de calcium, un manque important peut se révéler dangereux pour la mère comme pour l’enfant. Les vitamines sont des substances organiques indispensables à l’organisme sans valeur énergétique propre que le corps humain ne peut synthétiser en quantité suffisante; elles doivent donc impérativement lui être fournies par l’alimentation. Il en existe 13 que l’on sépare en deux groupes: les liposolubles (solubles dans les graisses): A, D, E et K, et les hydrosolubles (solubles dans l’eau); celles du groupe B (B1, B2, B3, B5, B6, B8, B9, B12) et la vitamine C. A ces treize vitamines se rattache le bêta-carotène. Si notre organisme est capable de stocker les vitamines liposolubles et la vitamine B12, toutes les autres sont à consommer chaque jour en quantités suffisantes», précise le C.E.I.V.

Nos modes d’alimentation actuels favorisent les graisses et les sucres et les préparations industrielles des aliments détruisent une grande partie des vitamines sensibles à la lumière, à l’air et à la chaleur. Certaines se dissolvent dans l’eau de cuisson ou le jus. A nous de choisir des modes et des temps de cuisson adaptés, en nous assurant de la fraîcheur des légumes et des fruits et en les consommant rapidement. N’oubliez pas également de stocker les aliments au frais et à l’abri de la lumière, de suivre à la lettre les conseils de préparation et de conservation, de couper et hacher à minima et à la dernière minute, d’utiliser peu d’eau et des temps de cuisson brefs, de ne pas réchauffer ou maintenir les aliments au chaud. Quant à la cuisson, elle détruit aussi une grande partie des vitamines (surtout la vitamine C). La cuisson à la vapeur et le four à micro-ondes les préserveraient mieux que la cuisson traditionnelle… Mais ceci est encore très controversé. La meilleure solution est de manger des fruits et légumes crus quand c'est possible et, sinon, de cuire les aliments juste le temps nécessaire.

Mais les aliments suffisent-ils et faut-il recourir aux vitamines en comprimés. Les avis sont partagés. La tribune de Genève cite par exemple la revue scientifique britannique Drugs and Therapeutics Bulletin (DTB), qui dit que les mamans «feraient bien de résister au marketing», incitant à la prise de suppléments de multivitaminés et de minéraux. Certes, mais 90% des femmes américaines prennent des suppléments polyvitaminiques et minéraux pendant leur grossesse et chez nos voisins français, d’abord réticents, on recommande la supplémentation en calcium, en fer et en vitamine B9. Plusieurs études ont montré que les femmes enceintes ne consommaient pas suffisamment d'aliments riches en vitamine B9 (épinards, oseille et salade) dans la période qui précède la conception. C'est pourquoi un complément est recommandé systématiquement 4 à 8 semaines avant la grossesse et les trois premiers mois.  Vu l’enjeu, n’hésitez pas à poser la question à votre médecin qui saura vous conseiller selon l’état de votre grossesse. Des concentrés vitamines/minéraux très performants ont été conçus.

 

Où trouver de la vitamine C?

Voici un classement des principaux aliments riches en vitamine C, du plus au moins concentrée:

  • 200 mg de vitamine C/100g de produit: cassis/persil frais;
  • 160mg de vitamine C/200g de produit: poivron rouge cru;
  • 100-150 mg/100g: radis noir cru, poivron vert cru, poivron rouge cuit;
  • 70-100mg/100g: kiwi, poivron vert cuit;
  • 60-70mg/100g: cresson, ciboulette fraîche, fraise;
  • 50-60mg/100g: chou-fleur cru, chou rouge cru, chou de Bruxelles cuit, brocoli cuit, citron, orange, mais aussi ris de veau braisé et certaines céréales de petit déjeuner.

(Source : Anses, L’agence nationale de sécurité sanitaire)

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