Sylvie Jenaly, alias Super Nanny: amour, règles et rigueur pour bien éduquer ses enfants

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La célèbre animatrice depuis quatre ans de l’émission Super Nanny a repris désormais le flambeau sur la chaîne NT1. Pour venir à la rescousse des familles dépassées par les problèmes d’éducation de leurs enfants en bas âge, elle se rend régulièrement en Suisse, en France et en Belgique.

Rencontre avec une éducatrice sympathique, clairvoyante et dynamique pour qui l’éducation n’a pas de secrets.

Vous avez été gouvernante de métier dans des familles un peu partout dans le monde et vous défendez le bien-être des enfants, en apportant un vrai soutien aux familles. D’où vous vient cette vocation et qu’est ce qui vous a convaincu de vous lancer dans l’émission Super Nanny, à la demande la maison de production Shine France?

J’ai eu des parents enseignants, l’éducation est pour moi un environnement familier et j’ai moi-même deux enfants. Ce qui m’a paru sujet à réflexion au début, c’était la façon dont les médias pouvaient parler des problèmes éducatifs; il ne s’agit pas que de télé mais d’une réelle mise en pratique, et dans cette optique j’ai été ravie que les médias s’intéressent enfin aux questions éducatives.  Je me suis rendue compte que les parents sont souvent assez perdus, ils ne savent pas à qui s’adresser et ne trouvent pas d’organisme qui puisse vraiment les aider.

Les parents semblent de plus en plus dépassés dans l’éducation de leurs enfants ? Pensez-vous que ce soit lié à notre époque?

Certainement. Il y a des problématiques sociétales. Les gens vivent à 100 à l’heure et ce mode de vie influe sur les familles qui n’ont plus de temps. Avoir des enfants est un investissement lourd, beaucoup de très jeunes parents ne sont pas prêts et parfois n’ont pas eu de modèle éducatif qui tienne la route.

Souvent, dans les émissions, le père semble complètement absent, peu investi? A quoi attribuez-vous cette «démission»?

En effet, le père qui travaille est souvent peu présent. Parfois il y a aussi des conflits dans le couple, ce qui n’aide pas. Ce sont le plus souvent les mamans qui contactent l’émission, alors que le père rechigne un peu, même s’il finit par accepter. Ce n’est pas si simple d’exposer sa vie aux yeux des téléspectateurs… Il m’arrive donc souvent de solliciter le père démissionnaire, pour qu’il joue davantage son rôle.

Quelle est l’expérience qui vous a le plus marquée?

Dans chaque famille il y a quelque chose de particulier et chaque fois un élément marquant me saute aux yeux. Ce sont toujours des caractères, des personnalités différentes et une nouvelle expérience palpitante à chaque fois.

Et l’expérience la plus difficile?

J’ai vécu un tournage qui fut très compliqué. Il s’agissait d’une famille où la maman de deux paires de jumeaux (soit quatre petits) avait complètement lâché prise, dans un climat d’agressivité et de violence. Je me suis demandée si j’étais à ma place dans cette ambiance, même si mon rôle est de guider, et que les enfants ne sont jamais coupables.

Pensez-vous que l’autorité et la fermeté dans l’éducation des enfants soient un apprentissage ou un don inné?

Clairement je pense qu’il s’agit d’un apprentissage, même si certaines personnes ont une autorité naturelle. Mon rôle de Super nanny est celui d’une figure d’autorité. J’apporte du bien-être, des règles et des limites. Les enfants voient qu’on s’intéresse à eux et se sentent alors en sécurité, alors que les parents, au fur et à mesure de l’apprentissage, arrivent à se faire entendre, à trouver des clés et à manifester ainsi plus de fermeté et à ne pas lâcher.

Et quand ils lâchent ou ne s’imposent pas, quel en est le motif?

Ils ont peur que l’enfant les aime moins, ce qui est faux. Au contraire!

Dans les émissions, les parents semblent souvent stressés et très anxieux eux-mêmes ….

En effet, ils communiquent leur angoisse et leur stress aux enfants. Dès le matin, au lever, ils se demandent comment ils vont assumer. Les mamans se cantonnent trop souvent à l’aspect «technique»: laver, habiller les enfants, leur préparer le repas, sans plaisir aucun. J’essaie de leur apporter cette notion importante de plaisir, pour réinstaurer une dimension ludique dans le foyer, où chacun puisse participer.

Quand l’émission se termine, les enfants, ainsi que vous-même, semblez parfois très émus… On sent que les enfants s’attachent à vous et respectent la figure d’autorité que vous incarnez…

Il y a parfois des émotions qui surgissent, même si je dois jouer mon rôle qui n’est pas celui d’une relation amicale. Et en effet, il arrive qu’il se passe vraiment quelque chose, et là, je me sens vraiment utile. Derrière l’éducatrice professionnelle, il y a bien un cœur qui bat!

Quels sont les conseils principaux que vous donnez aux parents?

Il faut manifester l’amour porté à ses enfants, être démonstratif physiquement. 
Toutefois l’amour ne suffit pas, il faut de la structure, des règles et des limites. Tout jeu a ses règles, même les jeux vidéo ou le football!
Il faut garder son âme d’enfant, pour bien communiquer et partager.
Le temps est capital: élever des enfants demande beaucoup de temps, - pas seulement pour faire à manger- et nécessite imagination et créativité pour conserver la dimension de plaisir.
Quand c’est non, c’est non! L’enfant doit comprendre qu’il n’est pas tout-puissant et que le monde ne tourne pas comme il veut. Lui mettre ses limites lui évitera des grandes frustrations plus tard. Il faut également toujours expliquer à un enfant pourquoi on lui interdit quelque chose.
Apprendre à l’enfant à gérer ses émotions, comme la colère, avec bienveillance. Il a le droit de s’exprimer et de manifester ses humeurs.

A travers toutes ces règles, la vie de famille peut devenir sereine et agréable, pour le plus grand plaisir des parents et de leurs enfants.

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